Il y a un an, la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France) lançait, en présence du ministre du Commerce Renaud Dutreil, son baromètre PME/Nielsen dans le cadre du premier bilan de l’application de la loi réformant la loi Galland. Ce baromètre, qui mesure la performance des marques de multinationales par rapport aux marques de PME et aux marques de distributeurs, révélait la surexposition des marques des multinationales et la bonne tenue des marques de distributeurs. La réactualisation du baromètre PME/Nielsen, après deux années d’application de la loi, ne modifie pas complètement le constat et conduit à présent la FEEF à déplorer que les PME, fournisseurs de la grande distribution à leurs propres marques, voient leurs parts de marché stagner et leurs nombres de références diminuer. Et l’organisation souhaite, à la veille de la poursuite de la réforme de la loi, que l’on veille à maintenir un écart de prix normal entre MDD et marques nationales.
En un an, le marché global des PGC + FLS (produits de grande consommation et frais en libre service) a connu, selon le baromètre PME Nielsen élaboré pour la FEEF, une croissance de 2,68 % l’amenant à un chiffre d’affaires de 70,3 milliards d’euros. Cette forte croissance contraste avec la faible progression (+ 0,57%) des douze mois précédents. Entre mai 2005 et avril 2007, le total PGC + FLS a progressé de 2,2 milliards d’euros et si, sur cette période, les marques de PME ont bénéficié d’une part de marché constante de 31,4 %, soit un gain en valeur de 768 millions d’euros, les marques de multinationales ont vu leur part de marché régresser de 1,7 point enregistrant une diminution de leur chiffre d’affaires de 220 M EUR.
La leçon que tire la FEEF de cet observatoire est que les « champions » sur cette période sont bien les MDD. En deux ans, leur part de marché en chiffre d’affaires a progressé de 24,8 % à 26,4 %, ce qui représente un gain en valeur de 1,6 Md d’euros.
Le succès des MDD est celui des PME
La FEEF se réjouit de voir les marques de distributeurs rencontrer un tel succès car elles sont majoritairement fabriquées par des PME françaises mais elle s’inquiète en même temps de la diminution du nombre de références des marques de PME qui chutent à 28,6 %.
Le baromètre met également en avant la surexposition des marques de multinationales qui génèrent, avec 46,8 % du nombre de références, seulement 42,1% du total PGC + FLS, soit une performance de 90 sur un indice de 100.
Parallèlement, les marques de PME réalisent, avec 28,6 % des références présentes, 31,5 % du total PGC + FLS soit une surperformance de leurs produits de 110.
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Les MDD obtiennent 24,6 % du nombre de références pour 26,4 % du CA soit une performance de 110 à l’identique des marques de PME, performance qu’il faut cependant relativiser du fait de leur surexposition en linéaires.
Ces chiffres traduisent, selon la FEEF, l’utilisation persistante par les multinationales des accords de gamme pourtant limités dans la loi Dutreil.
Maintenir un vrai écart de prix
Au moment où la révision de la loi Dutreil est à l’ordre du jour, la FEEF attire l’attention de Luc Chatel, secrétaire d’Etat en charge du Commerce, sur deux points :
« – les PME, fournisseurs de la grande distribution à leurs propres marques, voient leurs parts de marché stagner et leurs nombres de références diminuer alors même que la performance moyenne de leur produit est supérieure à celles des autres intervenants. Cette situation, si elle devait perdurer ou s’accentuer, pourrait mettre en péril la pérennité de nos entreprises indépendantes. Il faut que la nouvelle loi en tienne compte et interdise définitivement les accords de gamme.
– les marques de distributeurs rencontrent un vif succès du fait de la volonté affichée des distributeurs de développer des produits à leurs marques propres. La FEEF attire l’attention du gouvernement sur la très forte pression sur les prix de ces gammes et souhaite que soit conservé un différentiel de prix minimum entre les produits des “grandes marques” et les MDD. »