Abonné

Sols Les menaces sur les sols restent importantes

- - 3 min

L’érosion et l’artificialisation restent deux menaces importantes pour les sols français. L’INRA en a fait un de ses axes de communication pour le Salon de l’agriculture qui s’ouvre le 21 février à Paris.

Attention, milieux fragiles ! A l’échelle de l’Europe, 40 à 45% des sols sont touchés par l’érosion. Si le pourcentage est plus faible en France – un quart du territoire est touché –, ce chiffre est « plutôt en augmentation », s’inquiète Dominique Arrouays, directeur de l’unité Infosol de l’Inra Orléans. Les grandes plaines limoneuses font partie des zones les plus touchées à l’image du Nord-Pas de Calais, de la Picardie, de l’Ile-de-France, du Pays de Cau, des plaines du sud-ouest ou du sillon rhôdanien. Certaines régions comme la Lorraine, la Bretagne ou la Franche-Comté continuent également à pâtir des retournements de prairies qui ont accompagné l’intensification de l’agriculture entre les années 70 et 90. « Les sols de ces régions continuent de voir régresser leur teneur en matière organique, compte tenu de la dynamique très lente de celle-ci », explique Dominique Arrouays. La biodiversité peut également en souffrir. « Quand une prairie est retournée en culture de maïs, le volume de vers de terre passe de 5 tonnes à 500 kg à l’hectare en une dizaine d’années ».

60 000 ha artificialisés chaque année

A l’échelle du territoire, l’imperméabilisation des sols est considérée comme une des principales menaces. De fait, près de 60 000 hectares disparaissent chaque année sous le bitume et le béton, « soit un grand département comme le Loiret tous les 10 ans », indique le directeur de l’unité Infosol de l’INRA Orléans. Or, là aussi, le phénomène à tendance à s’accroître. « Si on continue comme cela, ce n’est pas tenable », avertit le chercheur inquiet de la régression du potentiel agricole du pays.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

artificialisation
Suivi
Suivre

Du point de vue de la connaissance, le sol reste toujours un grand inconnu. Chaque nouvelle recherche apporte son lot de surprise. C’est notamment le cas dans l’étude des polluants organiques persistants (POP). Selon les premiers résultats d’analyses réalisées dans 4 départements (Nord, Pas-de-Calais, Somme et Seine-Maritime), le lindane, un insecticide organochloré interdit en France depuis juillet 1998, se retrouve en « grande présence » dans les sols, à la surprise des chercheurs. « On ne le pensait pas », explique Dominique Arrouays. Autre surprise : un assez grand nombre d’herbicides, dont les triazines, se retrouvent au-dessous du seuil de détection des appareils des scientifiques alors que leur présence semblait a priori pouvoir être mise en évidence. Les scientifiques ont également été étonnés de trouver dans les sols une présence importante de plomb dans un périmètre de 100 km autour de Paris, en lien avec la pollution automobile. « On ne le soupçonnait pas sur une telle distance », commente le chercheur de l’INRA.

Pour l’heure, l’institut de recherche agronomique poursuit ses travaux de collecte des données. La cartographie des sols de France, à une échelle de 1/250 000e (carte Michelin), devrait être achevée en 2012-2014.