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Les ménages achètent moins de fruits et légumes frais, mais dépensent plus

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Si les volumes d’achats sont en baisse, les dépenses augmentent du fait d’un prix moyen des fruits et légumes au plus haut depuis cinq ans. C’est le principal enseignement du panel Kantar sur les achats de fruits et légumes frais par les ménages français en 2017 publié par FranceAgriMer vendredi 30 mars.

C’est une tendance à l’œuvre depuis plusieurs années. En 2017, les dépenses moyennes des ménages consacrées aux achats de fruits et légumes ont augmenté pour la troisième année consécutive, passant de 403 euros en 2016 à 406,20 euros par ménage, soit une hausse de 0,8 %. Depuis cinq ans, si l’on excepte l’année 2014, les sommes dépensées par les ménages n’ont cessé d’augmenter, alors qu’au contraire les quantités achetées stagnent, voire se réduisent légèrement. La quantité moyenne de fruits et légumes frais achetée par un ménage s’est ainsi fixée à 167,8 kg en 2017, contre 169,8 kg en 2016, soit un recul de 1,2 %. Une conséquence « d’un nouvel accroissement du prix moyen » des fruits et légumes qui s’établit en 2017 à 2,42 €/kg, soit « largement au-dessus de sa moyenne sur 5 ans (+8,2 %) », note l’étude, mais aussi d’une baisse de la fréquence d’achats (-1,9 %). Le nombre d’actes d’achat par ménage s’est ainsi réduit passant de 65 en 2016 à 63,8 en 2017.

Les dépenses augmentent dans les fruits, restent stables en légumes

Dans le détail, ce sont principalement les fruits qui tirent les dépenses vers le haut avec un prix moyen à 2,42 euros « très au-dessus de son niveau moyen sur cinq ans » et des dépenses des ménages qui s’établissent à 206 euros en 2017 soit « +10,3 % par rapport à la moyenne quinquennale », alors que les quantités achetées restent à peu près stables. Plusieurs productions ont ainsi vu les sommes dépensées augmenter alors que les quantités d’achats ont baissé, notamment la poire, le raisin ou le kiwi, dont le prix a connu une « spectaculaire hausse, observable depuis le début de l’été (+19,9 %) ». D’autres productions ont vu les quantités augmenter après des baisses de prix parfois très importantes, notamment des fruits d’été à noyau comme la cerise ou l’abricot.

A contrario, pour les légumes les quantités achetées ont baissé de 2,2 % à 82,8 kg par ménage, alors que les sommes dépensées sont restées quasi stables à 200,20 euros, soit +0,5 % par rapport à 2016. En légumes feuillus le prix moyen s’est généralement accru, entraînant une hausse des dépenses malgré la baisse des volumes, notamment en endive, poireau, chou ou brocoli. Même phénomène pour la courgette, l’aubergine, la tomate ou le poivron. Une tendance compensée par les fortes hausses des quantités achetées par exemple en choux-fleur (+42 %) traduisant « un retour à la normale après la chute de 2016 ».

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Les plus de 60 ans restent de très loin les principaux consommateurs

Plus que jamais, la consommation de fruits et légumes reste étroitement liée à l’âge des ménages. Les ménages sexagénaires achètent ainsi près de 217 kg de fruits et légumes frais par an, 218 kg pour les septuagénaires, alors qu’elle n’est que de 123 kg pour les quadragénaires, 124 kg pour celle avec un bébé et 138 kg pour celles avec un enfant. « Si les ménages séniors représentent 36 % de la population française, ils pèsent pourtant pour 47 % des achats en volume de fruits et légumes frais », rappelle d’ailleurs l’étude.

Enfin, l’examen des circuits de distribution en fonction de leurs parts de marché, consacre des tendances à l’œuvre depuis plusieurs années. Les hypermarchés, s’ils restent très dominants, ont vu leur part de marché en valeur baisser à 32,6 % des ventes de fruits et légumes en 2017. De même les marchés continuent de baisser avec une part de marché de 11,6 %, notamment d’une nouvelle réduction de la taille de sa clientèle. A contrario, les commerces spécialisés, s’ils connaissent une très légère augmentation de leur part de marché à 12 %, sont portés par les performances des grandes surfaces frais (GSF) qui ont vu leur part de marché encore augmenter à 4,7 % des achats.

Pour les fruits, un prix moyen à 2,42 euros le kilo, très au-dessus de la moyenne quinquennale