Les ministres de l’environnement des Vingt-huit ont adopté le 16 décembre leurs conclusions sur la stratégie européenne pour la biodiversité à l’horizon 2020, appelant la Commission européenne à ne pas rouvrir les directives « Oiseaux » et « Habitats ». Bruxelles envisage en effet dans le cadre de l’examen à mi-parcours de la stratégie biodiversité de l’UE, laquelle prévoit d’enrayer la perte de biodiversité et la dégradation des services écosystémiques dans l’UE, de réviser ces deux directives afin de simplifier leur fonctionnement (1). Mais les ministres de l’environnement s’y opposent, estimant qu’il vaut mieux se concentrer sur la mise en œuvre des réglementations en place en leur accordant des moyens supplémentaires.
Mieux intégrer la biodiversité dans la Pac
Dans leurs conclusions, les ministres des Vingt-huit notent les baisses importantes des populations d’oiseaux des champs, de papillons des prairies et des services de pollinisation, liées aux pressions exercées par certaines pratiques agricoles. Ils invitent donc les États membres à utiliser pleinement tous les instruments de la nouvelle Pac afin de contribuer efficacement à la protection et à l’amélioration des services écosystémiques et de la biodiversité. Ils souhaitent également que la Commission européenne évalue les effets de la mise en œuvre de la Pac et de ses subventions sur la biodiversité et identifie, conjointement avec les États membres, des solutions concrètes pour assurer une intégration adéquate de la biodiversité dans cette politique.
Des conclusions saluées par le commissaire européen à l’environnement Karmenu Vella qui a identifié les pratiques agricoles comme la raison principale des pertes de biodiversité tout en soulignant que l’agriculture est aussi une partie de la solution. Les objectifs pour 2020 sont réalisables, a-t-il indiqué, mais il faut agir notamment en mettant pleinement en place les décisions prises dans le cadre de la réforme de la Pac.
Le commissaire en charge de l’agriculture, Phil Hogan, a pourtant annoncé sa volonté de rouvrir l’acte de base de cette réforme afin de revoir les mesures de verdissement qui sont trop contraignantes pour les agriculteurs (2).
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(1) Voir n° 3521 du 23/11/2015
(2) Voir même numéro et n° 3521 du 23/11/2015
Objection parlementaire à la liste des espèces envahissantes
Les députés se sont opposés, le 16 décembre, par le vote en séance plénière d’une résolution non contraignante, au projet de liste européenne de trente-six espèces invasives, proposée par la Commission dans le cadre du nouveau régime européen destiné à empêcher leur introduction et contenir leur expansion. Cette liste a été adoptée par les experts des États membres quelques jours plus tôt. Le commissaire européen à l’environnement, Karmenu Vella, a annoncé le 16 décembre aux ministres des Vingt-huit à Bruxelles, qu’une seconde liste serait proposée avant la fin de l’année. Les députés, qui n’ont pas de pouvoir sur l’élaboration de cette liste, estiment que de nombreuses espèces invasives parmi les plus problématiques ne figurent pas dans la première liste, qui inclut, en revanche, certaines autres espèces incapables de causer des dommages significatifs.