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ESB Les moutons aussi suspects que les chèvres, selon une étude française

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La Commission européenne devrait être aussi attentive aux cas atypiques de tremblante du mouton qu’aux formes suspectes d’EST chez les chèvres, estiment des experts, dans une communication présentée le 8 février devant l’Académie française de médecine. Cette recommandation vise aussi implicitement les États membres de l’UE, qui viennent d’approuver une proposition de Bruxelles visant à intensifier le programme de dépistage actif de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) chez les caprins .

«On peut s’étonner que la Commission se limite à la recherche de la tremblante caprine» alors que «la similarité entre une souche de tremblante ovine et celle d’une maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) sporadique» chez les humains a pu être observée en France, indiquent les experts français, dans cette communication présentée par le professeur Jeanne Brugère-Picoux, spécialiste des encéphalopathies spongiformes animales à l’école nationale vétérinaire d’Alfort. Faisant l’inventaire de divers cas atypiques de tremblante chez le mouton recensés dans plusieurs pays européens, Mme Brugère-Picoux a préconisé une «surveillance active» de toutes les catégories de petits ruminants grâce à des tests, en étant «aussi attentif au problème de la tremblante du mouton qu’à celui de la tremblante caprine». «Ceci permettrait de limiter une éradication drastique de tous les animaux atteints comme ce fut le cas au début de l’ESB», a-t-elle souligné.

Cas de tremblante ovine « atypiques »

Parmi les cas inhabituels d’EST ovines recensés en Europe, Mme Brugère-Picoux a notamment relevé :

– une transmission maternelle d’une tremblante ovine naturelle observée pour la première fois en France ;

– la possibilité de reproduire expérimentalement l’ESB chez les ovins démontrée sur trois brebis en leur inoculant la maladie par la voie intracérébrale ;

– des cas de tremblante ovine « atypiques » ou « présentant des discordances entre les différents tests de diagnostic » recensés notamment en France, en Allemagne et au Portugal ;

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– une nouvelle souche de tremblante « Nor98 », apparue en Norvège en 1998 et qui aurait été retrouvée en 2004 en Suède, en Belgique, au Portugal, en Finlande, en Irlande et en Suisse.

Le Laboratoire communautaire de référence ayant confirmé le 28 janvier, qu’une chèvre française avait vraisemblablement été atteinte d’ESB, la Commission européenne a proposé d’intensifier le programme communautaire de dépistage de la maladie chez les caprins pendant au moins 6 mois pour déterminer s’il s’agit d’un incident isolé ou non. Plus de 200 000 chèvres devraient être ainsi testées dans l’UE, soit 176 000 animaux sains (dont 62 750 en Espagne, 46 500 en France et 30 000 en Italie) et près de 26 000 caprins trouvés morts (dont 5 000 dans chacun des trois pays précités), selon le texte approuvé par le Comité permanent pour la chaîne alimentaire, réunissant les experts des Vingt-cinq à Bruxelles, le 3 février.

Depuis l’émergence de la maladie de la vache folle dans les années 1980, aucun cas de transmission de l’ESB à des ovins ou caprins en conditions habituelles d’élevage n’avait été recensé.

Les rumeurs relatives à la contamination de moutons anglais avaient jusqu’à présent toujours été balayées par les experts.