Abonné

Transports d’animaux Les mouvements d’animaux vivants dans le collimateur de l’UE

- - 3 min

Traçant à grands traits les contours de la future législation communautaire sur la santé animale, les experts vétérinaires de l’UE, réunis à Jönköping (Suède), fin octobre, ont mis l’accent sur la nécessité de mieux encadrer les déplacements d’animaux vivants, première source de risques sanitaires, selon eux, au sein de la filière viande en Europe. Leur première ébauche de conclusions sur le sujet intervient quelques jours après le lancement, par la Commission européenne, d’une vaste consultation sur la future directive-cadre sur la santé animale (1).

Bien avant les contacts entre les humains et les animaux, les facteurs environnementaux ou le manque de formation des professionnels, les chefs vétérinaires des Vingt-sept mettent en cause les mouvements d’animaux vivants comme étant la faille la plus importante dans le système européen de lutte contre les épizooties. Ils estiment donc que la future loi de santé animale doit inclure un arsenal de mesures visant à renforcer la biosécurité du secteur à ce moment sensible de la chaîne de production. Ils préconisent l’instauration de mesures de quarantaine, d’isolation et d’immobilisation systématiques pour les animaux déplacés, des méthodes de compartimentation ou encore une réduction du nombre des élevages fournisseurs.
A leurs yeux, le concept de biosécurité doit être perçu de façon plus vaste et inclure, par exemple, l’ensemble des aspects liés à l’élevage et au transport des animaux. Tout contact inutile avec les bêtes doit être évité, soulignent les experts, en particulier au moment du chargement et du déchargement des animaux à bord des bétaillères. En tout état de cause, l’actuelle législation communautaire est jugée largement insuffisante. Elle doit en particulier mettre davantage l’accent sur des mesures incitatives en direction des éleveurs et des autres opérateurs de la filière en vue de réduire au minimum les pratiques à risque.
L’idée promue par la Commission européenne de favoriser les investissements dans la biosécurité des installations est ainsi largement soutenue par les experts des Vingt-sept qui suggèrent aussi :
– de renforcer la vigilance des détenteurs d’animaux, des vétérinaires et des autres professionnels grâce à des formations, des codes de bonnes pratiques et en encourageant les études sur les bénéfices économiques de la biosécurité ;
– de lier l’allègement des contraintes qui pèsent sur le commerce des animaux à la reconnaissance officielle d’un haut niveau de biosécurité ;
– de renforcer la législation, notamment par le biais de sanctions accrues à l’encontre des pratiques illégales et de normes de base plus strictes ;
– de promouvoir la vaccination ;
– et, en dernier lieu, de réduire la charge administrative.

(1) Voir n°3223 du 26/10/2009.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

santé animale
Suivi
Suivre