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AG de l’Anamso Les multiplicateurs de semences repoussent les frontières

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Les surfaces de semences oléagineuses progressent, alignant les records jusqu’en 2012. Des conditions difficiles cette année contrarient la tendance. En AG le 13 juin, les producteurs de l’Anamso sont apparus confiants en termes de croissance, au point de lorgner l’« eldorado » de la mer Noire.

Lancés vers un nouveau record de surfaces de production, les multiplicateurs de semences oléagineuses montrent un enthousiasme sans bornes. L’assemblée générale de l’Anamso, le 13 juin, s’est intéressée à un véritable « eldorado » dans le bassin de la mer Noire. Mais les discussions ont d’abord tourné autour des soucis liés à la météo. « Au pire, les surfaces 2013 resteront équivalentes à celles de l’an dernier, soit un niveau jamais atteint », a indiqué Laurent Bourdil, président de l’Anamso. 28 138 hectares de semences oléagineuses, c’est le record à battre. Un chiffre en hausse de 18 % par rapport à 2011. Les difficiles conditions de culture pourraient ralentir cette tendance, observée depuis trois ans. « Concernant les crucifères, les prévisions de surfaces 2013 montrent une hausse, a signalé Sylvie Ravard. Mais il y a eu des défections chez les producteurs. Les semis se sont déroulés par temps sec et la pluie a pris le relais. » Au final, le potentiel de rendement apparaît « faible à moyen ». Le tournesol connaît les mêmes difficultés liées à la pluviométrie. Des ressemis sont signalés. « Début juin, certains se sont retrouvés avec 50 % du programme de tournesol réalisés. Le devenir des parcelles restantes demeure incertain. »

L’attractivité de l’Ukraine

Tenir une assemblée générale permet aussi de prendre de la hauteur. En l’organisant dans le cadre prestigieux de l’Académie de l’agriculture à Paris, l’Anamso n’a pas manqué l’occasion. C’est un « eldorado » qu’est venu présenter Jean-Jacques Hervé, du Crédit agricole en Ukraine. Le bassin de la mer Noire a, selon lui, de quoi donner envie de s’y implanter. Comme ce qui s’est passé ailleurs pour d’autres secteurs, avec les exemples de viticulteurs français dans les pays du Nouveau monde, d’industriels comme Danone ou Lactalis cherchant des marges supérieures en dehors du marché européen. « L’Ukraine permet de réaliser des économies d’échelle en agriculture », a-t-il souligné. D’après ses chiffres, les charges fixes y sont deux à trois fois inférieures. Ce qui permet de réaliser d’intéressantes marges nettes : 200 à 400 euros/ha/an. « Avec des prix de 460 à 470 euros/t, pas très différents de ceux payés en France, mais des coûts de production de 500 euros/ha, l’activité est extrêmement rentable avec une certaine taille », a insisté Jean-Jacques Hervé. D’ailleurs, les grands semenciers mondiaux l’ont compris. Tous sont implantés en Ukraine. « C’est un eldorado pour la production de semences destinées à l’industrie de la trituration », a-t-il déclaré.

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