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Congrès de la Fnams Les multiplicateurs de semences satisfaits d'apparaître dans Ecophyto 2

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La qualité des semences est introduite dans la version 2 d'Ecophyto en tant que levier pour réduire l'usage des phytos, a salué la Fnams (Fédération des agriculteurs multiplicateurs de semences) le 10 juin. Son congrès intitulé « 60 ans de semences made in France » a mis en avant le métier de multiplicateur.

« On apparaît dans la version 2 d'Ecophyto », a souligné le président Jean-Noël Dhennin, tout de même un peu déçu de la « petite place » accordée. Un tableau sur la protection intégrée y figure avec la qualité des semences aux côtés d'autres facteurs, comme la diversité des assolements, le machinisme, les variétés résistantes, d'après la Fnams. Cette « avancée » illustre, aux yeux du directeur technique Jean-Albert Fougereux, « une prise de conscience du besoin de semences saines et de qualité pour réduire l'usage des phytos ».

Ecophyto 2, actuellement en consultation publique, émettrait aussi l'idée d'accompagner la recherche pour les usages mineurs.

« On a besoin de conserver des solutions de lutte chimique », a insisté Anne Gayraud, directeur administratif. La Fnams craint la disparition de certains phytos, avec la publication par Bruxelles d'une liste de 77 molécules candidates à la substitution. Jean-Noël Dhennin a exprimé en tribune son inquiétude quant aux facteurs de production. « Pour conserver l'excellence de la filière, il faut garder notre capacité de production », a-t-il déclaré. La Fnams, qui estime son périmètre d'activité à quelque 140 espèces, recense 2 400 couples bioagresseurs/espèces. C'est dire le besoin d'« une panoplie de moyens, y compris phytosanitaires », d'après Jean-Noël Dhennin.

Un maillon « essentiel » dans la filière

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« Vous n'avez pas à être inquiets d'Ecophyto », lui a répondu le député de Meurthe-et-Moselle Dominique Portier, évoquant la possibilité de dérogations sur des phytos utilisés en multiplication de semences. Venu défendre ce plan dont il a dirigé une mission sur la version 2, le parlementaire a essuyé quelques critiques. « Un des maillons qui manque à cette analyse, c'est le volet semencier, génétique, à partir duquel nous pouvons répondre de manière plus efficace au challenge de réduction de la chimie en agriculture », a estimé le président de la FNSEA Xavier Beulin. « Il faut des semences de qualité pour être productif, compétitif, pour une agriculture durable. »

Lors de ce congrès anniversaire, la Fnams ayant 60 ans d'existence, le métier de multiplicateur a été mis en avant. « C'est un maillon qu'on a tendance à oublier dans la chaîne de production, a regretté Jean-Noël Dhennin. Contrairement à la recherche, la création variétale. Mais le producteur de semences est essentiel dans la filière. »

Un métier dans lequel « il y a de la place » pour de nouveaux multiplicateurs, a noté Anne Gayraud. Les prévisions de surfaces font état notamment d'une progression sur un an, de 3 % en céréales, à 171 000 ha (contrats de semences présentés au 18 mai 2015). Mais surtout en protéagineux (10 900 ha) et légumineuses à petites graines (22 700 ha), dont la croissance dépasse 30 %, soutenue par les nouvelles dispositions de la Pac (aide recouplée, plan protéines, surfaces d'intérêt écologique).