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Semences Les multiplicateurs veulent mieux cohabiter avec les apiculteurs et le bio

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Comment mieux cohabiter sur le territoire rural avec des filières qui n’ont pas les mêmes intérêts mais sont complémentaires ? C’est le pari que tentent de relever les agriculteurs multiplicateurs de semences, adhérents de la Fnams, en partant de l’exemple du Lot et Garonnne. C’est à Nérac, dans ce département, que ce sujet sera débattu lors de l’assemblée générale des 6 et 7 juin.

Les agriculteurs multiplicateurs de semences ont, plus qu’aucune autre catégorie d’agriculteurs, besoin des abeilles et autres insectes pollinisateurs. Mais ils ont aussi besoin de pouvoir utiliser certains produits phytosanitaires, pas toujours très sains pour les abeilles. De leur côté, les producteurs de bio veulent pouvoir produire leur propre semence. Une production qui peut interférer avec la multiplication de semences pures dans le voisinage. Pour ces deux raisons au moins, ces différentes filières doivent le plus possible organiser leur cohabitation sur un même territoire. C’est ce qui s’est passé en Lot et Garonne, zone intense de production bio, de production de semences mais aussi de production de miel. Sans oublier aussi l’agriculture conventionnelle, principalement en fruits et légumes.

Le Lot et Garonne

En 2011, raconte en substance Jean-Michel Sengenes, agriculteur multiplicateur en Lot et Garonne, le conseil général a réuni toutes les organisations agricoles qui le voulaient pour mieux définir la politique agricole que pouvait mener le département. De l’ensemble des organisations présentes au début de cette concertation, plusieurs d’entre elles ont construit, deux ans plus tard, une Charte départementale de coexistence signée entre les multiplicateurs de semences, les apiculteurs, les producteurs bio et les collectivités territoriales du département. La charte prévoit notamment une cartographie des différentes activités du département. Elle incite les professionnels à revoir toute implantation qui pourrait nuire à la production de semences multipliées voisines (le département est très spécialisé en semences de betteraves par exemple) ; chaque agriculteur est invité à déclarer sa production de semences ; le conseil général du département soutient, financièrement, la plantation des haies ; les agriculteurs doivent proposer des emplacements convenant à la mise en place de ruchers, etc.
Selon le président de la Fnams, Jean-Noël Dhennin, ce type de négociation, éventuellement suivie de chartes, devrait être développé dans l’ensemble des zones les plus concernées par cette coexistence.

Le cas des nicotinoïdes

Partenaires des apiculteurs, mais utilisateurs de produits phytos, les multiplicateurs de semences sont très concernés par la récente décision, si elle se confirme, de l’Union européenne concernant l’interdiction de trois insecticides de la famille des nicotinoïdes. S’il est avéré que ces produits sont dangereux pour les insectes, la Fnams estime justifiée leur interdiction, en dépit du fait qu’ils en sont utilisateurs. Mais, remarque son président, « reste à être sûr que la décision est fondée sur des bases scientifiques et non seulement sur des motifs politiques. »

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