Après la découverte de nanoparticules dans quatre produits alimentaires courants, l'ONG Agir pour l'environnement indique qu'elle va saisir la DGCCRF pour qu'elle procède à un rappel desdits aliments. De son côté, l'Ania rappelle que les IAA respectent la réglementation en vigueur.
L'ONG Agir pour l'environnement a fait analyser quatre produits alimentaires courants et indique que tous contiennent des nanoparticules. Les produits incriminés sont de la blanquette de veau William Saurin, des chewing-gums Malabar, des gâteaux Napolitains de LU et un mélange d'épices pour guacamole Carrefour. Les trois premiers contenaient des nanoparticules de dioxyde de titane (E171) qui permet de blanchir les aliments et le dernier du dioxyde de silice (E551), utilisé comme un anti-agglomérant. Pour Magali Ringoot, coordinatrice des campagnes d'Agir pour l'Environnement, « cette enquête apporte la preuve qu'il y a défaillance dans l'information et la protection du consommateur. La réglementation, pour laxiste qu'elle soit, n'est même pas appliquée ! », indique-t-elle dans un communiqué publié le 15 juin. De fait, l'ONG indique qu'elle va saisir la DGCCRF afin qu'elle procède au rappel de ces produits.
De son côté, l'Ania indique que certains ingrédients utilisés par l'industrie agroalimentaire peuvent correspondre à la définition de substances à l'état de nanoparticules, lesquels ingrédients peuvent être utilisés « à une dimension différente de l'état nano-particulaire » pour les propriétés suivantes : le dioxide de silicium (E551) utilisé comme un antiagglomérant, le dioxide de titane (E171) et le carbonate de calcium (E170) utilisés comme des colorants blancs et l'oxyde de fer (E172) utilisé comme colorant. « Ces additifs alimentaires sont mentionnés sur l'étiquette des produits dans la liste des ingrédients conformément à la réglementation en vigueur », précise encore l'Ania qui ajoute que « si de nouvelles recommandations en matière d'évaluation de la sécurité de certains additifs devaient être mises en place », les IAA « suivront ces recommandations ».
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En fait, « comme pour l'affaire du glyphosate, scientifiques, industriels et institutions s'opposent sur la question des nanomatériaux, notamment sur leur définition, c'est-à-dire la dimension (100nm) à prendre en compte », estime Katia Merten-Lentz, avocate chez Keller and Heckman. Un flou juridique qui permet pour le moment de choisir en quelque sorte son étiquetage (Agra Alimentation du 23 avril 2015). Dans le cas présent, les nanoparticules trouvées dans les quatre produits incriminés existent déjà et sont autorisées en tant qu'additifs, mais à une taille plus grande que celle de nanoparticule.
Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), une substance a priori inoffensive peut devenir toxique si elle est utilisée sous forme de nanomatériaux. Du fait de leur taille, les nanoparticules peuvent par exemple franchir des barrières physiolo-giques et se retrouver dans les poumons ou le sang. Dans l'attente d'une évaluation des risques, l'ONG demande au gouvernement « un moratoire » sur les nanoparticules dans l'alimentation et les produits destinés aux femmes enceintes et aux enfants.