Les nouvelles techniques de sélection génomique des plantes ont le potentiel de limiter une bonne part des impacts négatifs que pourrait avoir sur la production alimentaire de l’UE la stratégie « de la ferme à la table », conclut une étude présentée par l’association des semenciers européens Euroseeds. Elle appelle, comme l’envisage Bruxelles, à rapidement autoriser les variétés issues de ces techniques.
La mise en œuvre complète des stratégies « de la ferme à la table » et « biodiversité » pourrait entraîner une réduction de plus de 20 % de la production agricole végétale de l’UE d’ici 2030 mais le recours rapide aux nouvelles techniques de sélection génomique (NBT) permettra de compenser une bonne part de ce recul, assure une étude présentée le 17 mai par l’association européenne des semenciers Euroseeds. Les améliorations génétiques des cultures (grâce aux NBT en particulier) au cours des dix prochaines années « ont le potentiel de contrecarrer environ 55 % de la baisse des revenus agricoles qui peut être attribuée aux impacts sur la production et l’approvisionnement de la mise en œuvre de ces stratégies », conclut ce travail mené par l’institut de recherche HFFA et présenté lors d’un webinaire. Suite à la publication d’un rapport sur ce sujet, la Commission européenne s’est dite prête à explorer les options d’un nouveau cadre juridique visant à faciliter la mise sur le marché communautaire des NBT aujourd’hui couverte par la législation OGM (1).
Lire aussi : NBT : Bruxelles entrouvre la porte
Selon les premiers éléments d’une autre étude que doit publier au mois de juin le Coceral (commerce des grains), la stratégie « De la ferme à la table » entraînerait une baisse importante de la production de l’UE : -13 à -18 % pour le blé, -11 à -15 % pour le maïs ou encore -15 à -19 % pour les oléagineux.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Agir « d’urgence »
Dans le travail mené à la demande d’Euroseeds, les auteurs estiment, selon une approche prudente, que les NBT permettront de gagner deux ans sur le temps nécessaire pour développer et commercialiser une nouvelle variété (pour onze ans en moyenne aujourd’hui) soit une accélération de 18 % des progrès de la sélection végétale par unité de temps. « Ainsi, à l’avenir, la croissance du rendement induite par la sélection végétale ne serait pas seulement de 1,16 % par an mais de 1,34 % par an », évaluent-ils. Pour le secrétaire général d’Euroseeds, Garlich von Essen, après la publication de l’étude sur les nouvelles techniques génomiques de la Commission européenne, celle-ci doit maintenant lancer « une action urgente pour mettre sa législation, vieille de plus de vingt ans, en phase avec les progrès scientifiques » et proposer « un cadre politique et réglementaire qui favorise pleinement l’adoption de l’innovation en matière de sélection végétale ». L’échange de vues entre les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept, prévu le 26 mai, donnera un premier aperçu de la tournure que pourrait prendre ce dossier (2).