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Les négociants en pommes de terre à l’école de la qualité et du goût

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Le congrès annuel de Fedepom, la fédération des négociants en pommes de terre, qui s’est tenu le 10 juin à Beaune, haut lieu de la qualité viticole, a fait ressortir l’intérêt de la profession pour le thème de la qualité et du goût, plutôt que des volumes commercialisés. Cela signifie des conditionnements plus petits et des variétés qui correspondent mieux à ce que désirent les consommateurs.

« Continuez à produire des pommes de terre de qualité et qui ont du goût ! », a déclaré Alain Marguin, président de Fedepom, en clôturant un congrès qui a fait le parallèle avec le secteur viticole. Convié à la tribune, un vigneron du Mâconnais, Jean-Pierre Michel, a expliqué que la filière viticole française fait face depuis les années 1990 à la concurrence extérieure en travaillant la qualité et en affûtant le savoir-faire spécifique. « Jusqu’aux années 1990, on pouvait dire’’cocorico’’ parce que les Français étaient les meilleurs du monde, a-t-il témoigné. Maintenant, on voit beaucoup de vignerons qui proposent des savoir-faire et des produits haut de gamme ». Cette séance de benchmarking a permis de faire passer le message suivant : les débouchés sont toujours possibles, même en situation fortement concurrentielle.

Plus de diversité

À la tribune, un négociant italien, Pietro Coppola, a recommandé à ses collègues français de choisir des variétés bonnes selon les consommateurs : « Vous n’avez pas intérêt à acheter des volumes, mais de la variété. Choisissez un bon fournisseur, c’est bon aussi pour lui de conclure avec un conditionneur (un négociant, NDLR) organisé ». « L’important est la régularité du produit », a-t-il ajouté. " Il existe un marché pour la qualité », a-t-il résumé. Un négociant néerlandais, Robert Geers, a quant à lui esquissé le portrait des jeunes consommateurs, achètant en fin d’après-midi pour le soir même, pour un repas,là où leurs aînés achetaient pour la semaine.

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« Les gens n’ont pas le temps, c’est pourquoi on voit aux Pays-Bas se développer le marché de la pomme de terre épluchée, prête à consommer ». Le consommateur a davantage besoin d’un produit prêt à l’emploi tout de suite qu’un produit moins cher que les autres. Une société française s’est d’ailleurs spécialisée dans un segment particulier : la pomme de terre au four. De société artisanale, La Pataterie, est devenue une chaîne de restaurants, qui a pris le parti de miser « sur l’origine franco-française, en indiquant le nom du producteur ». « Nous voulons cette proximité, c’est cette réassurance que nous recherchons », a affirmé Bruno Postic, chargé des approvisionnements à La Pataterie.

Le consommateur a plus besoin d’un produit prêt à l’emploi tout de suite qu’un produit moins cher que les autres

Après la « segmentation culinaire » des marchés de la pomme de terre selon les utilisations, « il faut ajouter des dimensions supplémentaires », a indiqué Christelle Roux, représentante du groupe Casino au CNIPT, le Centre interprofessionnel de la pommes de terre. « On a vu arriver le segment du micro-ondable pour la pomme de terre. D’autres segments arrivent, autour du thème de l’utilisation rapide », a-t-elle assuré. Ainsi, au-delà de l'image frustre encore attachée à la tubercule, existe-t-il bien des alternatives au simple jeu des promotions et de la guerre des prix entre distributeurs. Innovation et segmentation sont les deux directions que doit emprunter une filière appelée à intensifier ses relations avec l'amont – industriels, y compris de l'électro-ménager, témoin la présence d'une représentante de Seb – et à toujours rester attentive aux évolutions de la consommation.