Des concessions à la fin ou après la ministérielle d’Hong Kong ? Toujours est-il que les négociateurs se refusaient après presque deux jours de débats à formuler de nouvelles offres. Les 148 pays membres de l’OMC étaient entrés dans un round d’observation plus que de négociations, les pays pauvres estimant pouvoir engranger les offres des pays développés sur l’agriculture sans contreparties.
Aux premières heures de la conférence ministérielle de l’OMC, qui s’est ouverte à Hong Kong, le 13 décembre, les négociations ne sont pas passées à la vitesse supérieure. « L’élan» dans les négociations agricoles s’est même « dissipé», regrette M. Portman, le représentant américain au commerce. Toute le monde semble s’accorder pour ne pas faire de ce temps fort du commerce mondial un succès. Le repli sur un paquet développement convient finalement à beaucoup. Sauf à Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC pour qui ces mesures « ne doivent pas être une excuse pour ne pas avancer sur les autres thèmes de la négociation ».
Pour autant, faute de négociation sérieuse sur l’agriculture et les produits industriels, le développement pourrait bien être le seul résultat tangible de cette semaine.
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« Montrer ce que nous obtenons en échange »
Car les 12 et 13 décembre, l’Union européenne mise sous pression par ses partenaires se refusait à toute nouvelle concession dans le domaine agricole, à Hong Kong. Peter Mandelson veut avant tout décrocher un accord sur le développement. Il pourrait consister en une généralisation des accords « Tout sauf les armes » aux pays pauvres. L’offre de baisse de 46 % des droits de douane « n’a pas reçu son équivalent de la part des autres membres de l’OMC », a plaidé le commissaire européen lors d’un discours solennel devant ses partenaires. « Soyons clairs : un cycle consacré à une seule question ne pourra pas réussir», a-t-il averti.
En parallèle, les pays émergents se refusent à faire toute concession en contrepartie de la fin des subventions agricoles qui leur semble être un dû. Le ministre indien du commerce extérieur a ainsi expliqué « qu’il ne peut pas y avoir de prix à payer pour que l’Union européenne bouge. Elle doit premièrement mettre fin aux distorsions». « Le seul cycle que nous puissions accepter est un cycle qui nous permette de montrer ce que nous obtenons en échange de nos concessions », répond Peter Mandelson.