Les négociations de l'OMC ont repris en ce début d'année sur de bonnes bases, selon le directeur général de l'organisation. Dans le domaine agricole, les négociateurs hésitent encore à entrer dans le vif du sujet.
« Nous avons fait plus de progrès en une semaine qu'au cours des six premiers mois de 2014 », s'est félicité le 29 janvier le directeur de l'Organisation mondiale du commerce, Roberto Azevêdo, devant les représentants des pays membres, après de nouvelles négociations et une réunion ministérielle informelle en marge du Forum économique mondial de Davos (1). L'objectif, dans le cycle de Doha, est maintenant d'établir d'ici juillet prochain un programme de travail pour tenter de boucler les chapitres qui n'ont pas été traités lors du mini-accord ministériel de décembre 2013.
Soutien interne : les États-Unis dépasseraient les limites
Sur le volet agricole, la première session de négociations de l'année, qui s'est tenue le 28 janvier à Genève, a permis d'examiner un document soumis par un groupe de pays (dont l'Australie, le Canada, le Pakistan et le Chili) pour évaluer dans quelle mesure des membres clefs de l'OMC devraient ajuster leur soutien interne actuel si les limitations prévues dans le projet d'accord-cadre de 2008, qui reste sur la table, devaient être respectées. Résultat : l'UE, la Chine, l'Inde, le Brésil et le Japon n'auraient rien à faire, tandis que les États-Unis devraient procéder à des réductions, car il dépasseraient de 3,6 milliards $ les seuils envisagés.
Ces chiffres ont bien entendu reçu un accueil très réservé des Américains. Les discussions ont porté également sur l'accès au marché, avec deux documents des pays en développement du G-33, présentés par l'Indonésie, qui traitent des « produits spéciaux » (pour lesquels ces pays pourraient procéder à des réductions tarifaires plus faibles que la norme, ou nulles) et du mécanisme spécial de sauvegarde (les autorisant à augmenter les droits de douane temporairement pour faire face à des chutes de prix ou des poussées soudaines des importations). Le G-33 a insisté sur le fait que ses membres ont besoin de ces protections. En revanche, celles-ci iraient à l'encontre de l'objectif visé en matière d'accès au marché selon d'autres pays tels le Canada, le Brésil, l'Australie ou encore les États-Unis et le Pakistan.
Trop de « généralités »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Mon conseil à vous tous, vraiment, c'est d'être plus concrets les uns avec les autres, car si nous restons dans cet océan de généralités, nous n'allons probablement pas y arriver », a conclu l'ambassadeur de Nouvelle-Zélande, qui préside les pourparlers agricoles de l'OMC.
Lors d'une session séparée, le 28 janvier également, les négociateurs ont abordé la question du stockage public à des fins de sécurité alimentaire dans les pays en développement. L'objectif est de parvenir d'ici la fin de l'année à un accord sur ce dossier, objet d'une forte revendication de l'Inde qui s'est soldée par une clause de paix conclue en novembre dernier (2). En la matière, la seule proposition sur la table est celle du G-33 qui souhaite placer dans la « boîte verte » le soutien apporté par le stockage public, celui-ci pouvant donc être autorisé sans limite.
Plusieurs pays ont mis en garde contre les risques de distorsions des échanges engendrés par un telle dérogation, notamment l'Australie, les États-Unis, le Brésil, l'UE, le Japon et le Canada.
(1) Voir n° 3482 du 02/02/14
(2) Voir n° 3474 du 08/12/14