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Les négociations commerciales 2017 « déjà sous très haute tension »

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Les négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs pour la fixation des tarifs de 2017 commencent « déjà sous très haute tension », a indiqué l’Association nationale de l’industrie alimentaire (Ania) le 20 décembre. L’organisation précise que « de nombreuses pratiques abusives contraires à la loi perdurent et s’intensifient ».

« Comme les années précédentes, de nombreuses remontées évoquent déjà à fin 2016 des demandes systématiques de déflation, souvent déconnectées des contextes commerciaux des fournisseurs », a alerté l’Ania le 20 décembre, à l’issue de la réunion du comité de suivi interministériel des relations commerciales. Lors des négociations commerciales, « les acheteurs ne nous parlent plus des produits, des attentes des consommateurs ou même de nos tarifs. La négociation, ou ce qui en reste, démarre sur les prix ‘‘triple net’’ de l’année précédente pour demander de nouvelles baisses. C’est dangereux et inacceptable », affirmait le président de l’Ania, Jean-Philippe Girard, appelant « une nouvelle fois à la fin de la guerre des prix et au respect de la loi ». Le « triple net » correspond au prix réellement payé par le distributeur, après remise sur facture d’achat, remise de ristournes différées et de la coopération commerciale.

Montée en puissance des pénalités logistiques

De plus, de nombreuses pratiques abusives contraires à la loi perdurent et s’intensifient, selon l’association des industriels : des demandes imposées, sans négociations possibles donc, de budgets promotionnels, des demandes de budgets additionnels pour la fin d’année intitulés « atterrissages des accords 2016 », à payer avant de pouvoir négocier pour 2017, des reports de paiements toujours plus importants de traites de fin d’année, des "pénalités logistiques" ou encore des menaces d’arrêts de commandes, de déréférencements, voire des retraits de produits des rayons à effet immédiat.

Parmi ces pratiques, celles qui montent le plus clairement en puissance sont les pénalités logistiques, à en croire l’Ania. Elles « deviennent une véritable manne financière pour les centrales d’achat qui n’hésitent pas à pénaliser leurs fournisseurs sur la base de nouvelles exigences ».

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Pour Jean-Philippe Girard, « la seule issue possible et pérenne consiste à recréer les conditions favorables à la création de valeur à tous les maillons de la filière et éviter de tirer tout le monde vers le bas ». Il estime nécessaire de rappeler qu’il ne servira « évidemment à rien d’ajouter des outils législatifs et réglementaires s’ils ne font que complexifier une situation déjà trop tendue ».

« La négociation démarre sur les prix de l’année précédente pour demander de nouvelles baisses »

La filière alimentaire entre baisse des tarifs et hausse des matières premières

Depuis 2013, les industriels se voient imposer « systématiquement des baisses de tarifs par les centrales d’achat », selon l’Ania. La déflation a ainsi atteint près de 4 % en cumul depuis le mois d’octobre 2013. En octobre 2016, la déflation sur un an s’est renforcée pour s’établir à -1,5 %. Jean-Philippe Girard a rappelé au comité de suivi des relations commerciales que les 16 218 entreprises alimentaires, dont 98 % de TPE-PME, doivent négocier avec quatre centrales d’achat qui représentent chacune entre 20 et 25 % du marché, pour pouvoir commercialiser leurs produits. En même temps, en 2016, les prix des matières premières agricoles se sont établis « à des niveaux historiquement élevés, en hausse de près de 200 % depuis 2004 ». En octobre sur un an, et sous l’effet de conditions climatiques particulièrement difficiles (intempéries puis faible pluviométrie), le prix des matières premières alimentaires est reparti à la hausse (+12 % sur un an).