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UE/États-Unis Les négociations commerciales UE/USA s’ouvrent dans un climat de suspicion

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La première session de négociations entre l’UE et les États-Unis en vue de conclure un Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement doit se tenir du 8 au 12 juillet à Washington, sur fond de soupçons d’espionnage des institutions et de pays de l’Union par les Américains (1).

La Commission de Bruxelles a considéré, le 2 juillet, que, « si le démarrage des négociations commerciales entre l’UE et les États-Unis », prévu du 8 au 12 juillet à Washington, « ne devrait pas être affecté », la partie européenne « signifiera clairement que, pour des pourparlers aussi globaux et ambitieux, il est nécessaire d’être en confiance, transparent et clair ». Les allégations d’espionnage des Américains contre l’Union s’étaient multipliées les jours auparavant.
 
L’ Allemagne « veut cet accord »
« Les bonnes relations politiques et économiques entre les États-Unis et l’UE ne doivent pas être endommagées », a estimé, à Vilnius, le ministre lituanien des affaires étrangères Linas Linkevicius, dont le pays exerce depuis le 1er juillet la présidence de l’Union.
« La Commission veut démarrer les négociations le 8 juillet. Et, en cela, le gouvernement (allemand) la soutient. Nous voulons cet accord de libre échange et nous voulons aussi démarrer maintenant les négociations », a déclaré de même, le 3 juillet, Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel.
En revanche, Paris est favorable à une « suspension temporaire » de ces pourparlers commerciaux bilatéraux, a annoncé la porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem. « Il ne s’agit pas d’arrêter les négociations sur l’accord de libre-échange, mais, en effet, il nous paraît sage de les suspendre temporairement, pour une durée de quinze jours sans doute, pour éviter toute polémique et le temps d’obtenir les informations demandées », a-t-elle précisé à l’issue du conseil des ministres le 3 juillet à Paris.
 
Des « différends », sur l’agriculture également
Quelques jours avant la publication d’informations sur l’espionnage des institutions et de pays de l’Union par les Américains, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’UE, William Kennard, a reconnu que les deux parties avaient, à la veille de la première session de négociations commerciales bilatérales, de nombreux « différends » sur des sujets « sensibles » comme l’audiovisuel, mais aussi l’agriculture ou les services financiers.
« Pour aboutir à un accord complet et ambitieux, nous ne pensons pas que nous devrions arriver avec des exclusions », a-t-il dit. « Nous souhaitons que les négociateurs aient la liberté de mettre tous les sujets sur la table », l’exclusion, par l’UE, de l’audiovisuel du champ des pourparlers n’étant pas vraiment une « exclusion » mais une « réserve ».
L’ambassadeur américain n’en a pas moins jugé qu’il n’était « pas opportun » d’inclure la question des services financiers dans le cadre de cette négociation, car cela pourrait être « contreproductif ». Sur le calendrier des négociations, « nous aimerions faire d’énormes progrès, et, dans l’idéal, terminer pendant le mandat » de l’actuelle Commission européenne, qui prend fin en 2014, a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que cette échéance était « ambitieuse ».
William Kennard a enfin jugé « décourageant » que certains aient menacé de faire de la protection des données un enjeu des pourparlers bilatéraux, après les révélations sur le programme Prism d’espionnage des communications...
 
(1) Voir n° 3404 du 24/06/13

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