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Cycle de Doha Les négociations à l’OMC entravées par le doute sur leurs effets positifs

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Le flou qui entoure les bénéfices à attendre d’un accord sur le cycle de Doha freine les négociations multilatérales. Tel est le point de vue de bon nombre de membres de l’OMC qui attendent des orientations de la part du sommet du G20 des 11 et 12 novembre à Séoul (1).

«Nous avons calculé la peine que nous allons devoir supporter, mais nous ne connaissons pas encore les résultats », a expliqué le chef de la délégation de l’UE à Genève, John Clarke, lors d'un colloque sur le cycle de Doha organisé le 2 novembre par l’OMC.
Le représentant permanent américain, Michael Punke, a estimé également que les incertitudes sur les bénéfices d’une conclusion des négociations constituaient un problème pour Washington. « Ce qui est vraiment clair, c’est le coût, et ce qui n’est pas vraiment clair, ce sont les gains », a-t-il souligné.
« Beaucoup a été réclamé aux Etats-Unis, mais nous ne savons pas ce que nous allons obtenir » en échange, a-t-il insisté, expliquant que ce flou rendait difficile la défense du cycle de Doha face au Congrès américain.

« La décision sera politique »

Le représentant du Brésil, Roberto Azevedo, a abondé dans le même sens, considérant que les négociations multilatérales sont « très difficiles à faire avaler » en termes de soutien national, sachant que personne n’a de clarté sur les gains finaux.
Selon de nouveaux chiffres présentés lors du colloque par un expert de la Banque mondiale, Will Martin, une levée des barrières tarifaires pour l’agriculture et les produits industriels, compte tenu des formules de calcul prévues par les négociateurs et des flexibilités réclamées par les pays, permettrait de faire gagner annuellement à l’économie mondiale quelque 121 milliards de dollars.
Les données varient toutefois beaucoup en fonction des paramètres pris en compte.
Le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, a reconnu que juger les retombées économiques du cycle de Doha était une tâche « complexe » qui ne sera possible que lorsque les négociations seront conclues.
Toutefois, a tempéré le représentant de l’UE, si ce manque de visibilité rend les pourparlers encore plus ardus, « au bout du compte, la décision sera politique ».

(1) Voir n° 3273 du 01/11/10

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