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Logistique/Froid Les nouveaux enjeux de la chaîne du froid selon Stef-TFE

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Le groupe de transport et de logistique Stef-TFE, coté au second marché, est le « géant » du secteur agroalimentaire. Pour ce prestataire logistique spécialisé et intimement lié à la grande distribution, harmonisation fiscale et sociale au niveau européen, restructuration de l’urbanisme commercial, environnement et traçabilité sont les grands enjeux de demain. Comme pour tous les prestataires logistiques de la chaîne du froid.

« En comparaison avec les grands groupes de transport et de prestation logistique nous sommes des nains, mais dans le secteur agroalimentaire nous sommes des géants ». Laurent Malfettes, directeur grands comptes, décrit en ces termes le groupe Stef-TFE, spécialiste des produits alimentaires à température dirigée, de - 30 à + 12 °C. Une gamme de température pour laquelle le groupe a su développer, à partir du métier de transporteur et en particulier de messagerie, « vache à lait » du groupe, toute une palette de prestations logistiques (stockage, préparation de commande, ordonnancement de production, etc.) et de services informatiques. Autour de ses trois métiers, transport (près de 65 % du CA, avec TFE et Tradimar pour les produits de la mer), logistique (35 % du CA avec Stef) et gestion informatique de la supply chain (3,3 millions d’euros avec Agrostar), le groupe a dégagé en 2003 un chiffre d’affaires de 1,347 milliard d’euros (+ 7,8 % de croissance organique). Aujourd’hui, c’est la prestation logistique qui offre le plus fort potentiel de développement du groupe (+ 15 %). Car sur le secteur agroalimentaire, où de plus en plus d’industriels sous-traitent leur logistique, la stratégie de spécialisation porte ses fruits.

Une harmonisation nécessaire des règles salariales

Alors que l’activité du groupe à l’export ne représente pour le moment que 21,1 % de son chiffre d’affaires (principalement en Espagne et au Portugal), l’ouverture sur l’Europe constitue un enjeu de taille pour les prestataires tels que Stef-TFE, fait d’opportunités et de menaces. Car si de nouveaux marchés s’ouvrent pour le groupe, accompagnant industriels et distributeurs hors de frontières de l’hexagone, la pression concurrentielle est également de plus en plus forte. Et avec l’élargissement de l’Union Européenne, l’harmonisation du droit du travail et des règles fiscales constitue une urgence pour assurer la compétitivité pérenne des transporteurs français, pour qui les coûts salariaux, par exemple, représentent près de 40 % des charges.

Le hard-discount : une logique d’intégration logistique

Autre concurrence venue de l’étranger, le hard-discount représente une menace indirecte croissante pour les prestataires logistiques. Car si en règle générale, les flux en produits frais et surgelés sont encore en majorité intra-nationaux, les discounters ont étendu leur réseau de distribution hors des frontières allemandes avec une logique d’intégration de leur logistique. Ainsi le succès croissant des enseignes discounts, au détriment de la grande distribution, va de pair avec un manque à gagner pour les transporteurs. Sans compter qu’en sélectionnant un assortiment réduit de références phare à fortes rotations, les discounters perturbent le réapprovisionnement de la GMS, avec des risques de rupture à la clé, et compliquent d’autant le travail des prestataires. C’est bien en ce sens que l’urbanisme commercial a des répercussions directes sur les transporteurs.

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La grande distribution, moteur du réseau logistique

Car Laurent Malfettes insiste bien, «  c’est la distribution qui impulse totalement la logique d’organisation des réseaux pour les produits frais, de par son fonctionnement en flux tiré ; si depuis 15 ans la distribution ne s’était pas penchée sur la logistique des produits frais, le réseau ne serait pas aujourd’hui si développé ». C’est d’ailleurs pour cette raison que la logique d’organisation des réseaux logistiques spécifiques à chaque pays est totalement dépendante du contexte national de la distribution alimentaire. Tout changement des règles d’urbanisme commercial et de la concurrence a donc des répercussions, bonnes ou mauvaises, sur les transporteurs. Car si elles favorisent aujourd’hui la montée du hard-discount en France, ce sont également ces mêmes règles qui ont poussé les distributeurs à développer leurs propres plates-formes et réseaux logistiques pour diminuer les factures des fournisseurs et les seuils de revente à perte.

L’enjeu de la traçabilité

Si les attentes logistiques des clients des prestataires sont différentes, elles n’en sont pas moins complémentaires. Quand les distributeurs imposent une logique de flux tiré (« zéro rupture », optimisation des réapprovisionnements, etc.) et de réduction des coûts, les producteurs de leur côté attendent avant tout des services tant au niveau de la production, du commerce que de la logistique. Pour les restaurateurs, aux audits poussés, la principale attente se situe surtout au niveau des contraintes réglementaires de plus en plus strictes que leur imposent la loi et le consommateur. Mais là où les besoins se rejoignent, c’est bien au niveau de la traçabilité, enjeu crucial pour les prestataires à l’avenir. Car à l’heure où distributeurs, producteurs et restaurateurs sous-traitent un nombre croissant de services, les prestataires ont un rôle majeur de relais à jouer dans la mise en place de la chaîne de traçabilité que la commission européenne impose aujourd’hui. De quoi peut-être permettre à Stef-FE de continuer à développer l’activité systèmes informatiques de sa division Agrostar…