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Les nouveaux signes de la dynamique bio

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Le Salon Tech & Bio a ouvert ses portes à Bourg-lès-Valence les 20 et 21 septembre. En dix ans, l’événement est passé d’un rendez-vous à la ferme à une vingtaine d’hectares accueillant plusieurs milliers d’exposants et de visiteurs. Cet engouement, l’Inra l’a concrétisé en faisant de l’agriculture bio son 9e métaprogramme.

Le salon Tech & Bio 2017 a ouvert ses portes les 20 et 21 septembre à Bourg-lès-Valence (Drôme). Lors d’un voyage de presse organisé par l’APCA le 19 septembre, Jacques Pior, responsable bio à l’APCA et cofondateur du salon, explique les évolutions au fil des éditions : « En 2007, la première édition a réuni 4 000 visiteurs. C’était organisé sur le site d’une ferme. En 2015, ils étaient 16 000. » De même en 2007, le salon occupait 2 hectares, en 2017 elle occupe 20 hectares. Par ailleurs, il explique que cette année pour la première fois il y aura un club de financeurs. Autre première pour cette édition : la venue de la direction de l’Inra. Son p.-d.g. Philippe Mauguin a participé à l’inauguration. « Jusque-là, des ingénieurs et des chercheurs de l’Inra étaient présents, mais pas la direction », se réjouit Jacques Pior.

La recherche mise sur l’agriculture bio

Dans ce contexte, Philippe Mauguin a annoncé que le 9e « métaprogramme », programme pluridisciplinaire de l’institut, sera l’agriculture biologique. Celui-ci vient s’ajouter, à partir de 2018, aux huit autres métaprogrammes qui définissent la stratégie de l’Inra (bien-être animal, santé animale, changement climatique ou encore services écosystémiques). « Nous mettrons davantage de moyens sur l’agriculture bio », a-t-il poursuivi. Les métaprogrammes de l’Inra bénéficient d’un budget annuel de 500 000 euros. Pour l’heure, l’institut de recherche estime que près de 300 de ses chercheurs travaillent « sur » l’agriculture bio. Philippe Mauguin précise qu’il faut y ajouter ceux qui travaillent « pour » ce mode de production. C’est le cas dans les domaines de l’agroécologie, de la compréhension du fonctionnement du sol ou encore du biocontrôle. Au total, parmi les 8 000 agents titulaires de l’Inra, 3 000 sont des chercheurs.

À Tech & Bio, la recherche privée est aussi représentée. Carole Bertrand, du groupe Bayer, explique que pour mettre du biocontrôle sur le marché, « ce sont plusieurs années de R & D en amont qui sont nécessaires ». Au salon bio, l’agrochimiste veut montrer qu’il travaille aussi sur des solutions pour réduire l’utilisation des phytos. Si le groupe n’a pu nous fournir le budget exact dédié au biocontrôle, il assure que, même minoritaire dans ses activités, il est en progression chaque année.

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« Nous mettrons davantage de moyens sur l’agriculture bio », explique Philippe Mauguin, p.-d.g. de l’Inra

Des voyants économiques au vert

Selon les données de l’Agence bio présentées le 15 septembre, la consommation de produits bio en France a fait un bond de 14 % au premier semestre 2017, une croissance tirée pour la première fois par la grande distribution, où les ventes ont progressé de 18 % contre 12 % dans les magasins spécialisés. Les ventes de produits bio des six premiers mois de l’année 2017 dépassent de 500 millions d’euros celles du premier semestre de 2016. Aujourd’hui, 71 % des produits bio consommés en France sont produits en France et ce taux grimpe même à 81 % lorsque les produits exotiques sont exclus. Le nombre d’entreprises de transformation ou de distribution engagées en bio a progressé de 1 375, soit +9,4 % en 6 mois. « Cette hausse des opérateurs de l’aval figure parmi les plus fortes enregistrées ces dernières années », souligne l’Agence bio. Par ailleurs, 51 490 fermes et entreprises sont engagées en bio au 30 juin 2017 dont 35 231 producteurs et 16 259 entreprises de l’aval, soit +9,3 % depuis le 31 décembre 2016. À la fin du premier semestre, près de 3 000 exploitations supplémentaires (+9,2 % vs fin 2016) se sont engagées en bio. Au 30 juin, la surface cultivée en bio en France est estimée à 1,77 million d’hectares, soit 6,5 % de la SAU.