Abonné

Prix du lait Les nouvelles bases de sortie de crise attendent encore d’être approuvées

- - 4 min

Les nouvelles bases d’accord de sortie de crise pour le prix du lait payé aux producteurs, établies par le médiateur Francis Amand, ont suscité l’approbation des éleveurs ainsi que de la plupart des distributeurs. Mais les transformateurs estiment que la reconstitution de leurs marges n’est pas prévue par le nouveau dispositif.

Francis Amand a revu sa copie en toute fin avril. Le médiateur nommé par le gouvernement pour rendre possible une hausse des prix payés aux producteurs de lait a modifié les bases de son dispositif pour le rendre mieux applicable. Un mécanisme bien reçu par les éleveurs.
Dans un communiqué du 26 avril, la FNPL (Fédération des producteurs de lait) se félicite de ces propositions et souhaite leur application sans délai. François Thabuis, président des Jeunes agriculteurs se dit lui aussi satisfait d’une telle base et « prend acte du bon travail du médiateur ». « Maintenant, on attend vraiment l’engagement des coopératives et des entreprises de transformation, dès le mois d’avril », dit-il. La Confédération paysanne également « prend acte de l’annonce d’une augmentation de 25 €/t du prix d’achat du lait par les transformateurs. Il était plus que temps, et ce n’est qu’un maigre dédommagement face à l’explosion des coûts de production que nous subissons depuis neuf mois. »

Coopératives : rien pour les marges

En revanche, les coopératives réunies au sein de la FNCL, si elles jugent indispensable la hausse du prix du lait payé aux producteurs, estiment « les mesures envisagées clairement insuffisantes pour assurer la reconstitution des marges des transformateurs. » De son côté, la Fnil (Fédération de l’industrie laitière) ne voulait pas encore s’exprimer sur ce dispositif le 26 avril. Selon Francis Amand, cependant, « ce n’est pas aux organisations professionnelles de donner leur accord mais aux entreprises de se déterminer individuellement. » Mais au 2 mai, ni grandes coopératives ni des grands industriels privés n’avaient donné explicitement leur feu vert. Côté distributeurs, ils sont plus nombreux. Carrefour, Leclerc sous certaines réserves (ne pas payer plus cher le lait importé), Système U avaient émis une position favorable. Auchan affirme vouloir aller dans le sens de ce dispositif sans pour autant répercuter les prix aux consommateurs.

Un enjeu de 300 millions d’euros

Globalement, les hausses envisagées par le dispositif du médiateur correspondraient à une enveloppe globale de l’ordre de 300 millions d’euros (soit 12 milliards de litres de lait à 2,5 centimes par litre) dont 190 millions d’euros pour l’ensemble des produits laitiers au stade du détail. La répercussion sur le prix consommateur ne sera pas automatique. Elle dépendra de la stratégie des grandes surfaces et de leur degré de concurrence. Auchan a déjà annoncé vouloir éviter de répercuter l’intégralité de la hausse aux consommateurs. « Chacun est maintenant face à ses responsabilités », explique le médiateur Francis Amant. Il explique aussi que sa mission se limitait à prévoir une hausse des prix aux éleveurs et non une reconstitution des marges pour les industriels. De fait, les transformateurs, coopératifs ou privés, se sentent peu pris en compte par le dispositif.
Dans son communiqué publié le 26 avril, la FNPL affirme que « les éleveurs laitiers ne comprendraient pas que ce soit leurs clients directs (les transformateurs) qui “rechignent” à leur rétrocéder ce qu’ils ont perçu “en plus” de leurs propres clients (la distribution) ! L’argument visant à obtenir des hausses effectives de tarifs de la grande distribution s’est fondé sur la nécessaire revalorisation du prix du lait payé aux producteurs. La FNPL ne manquera pas de le rappeler à ceux qui ont la mémoire courte ! »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.