L’assemblée générale du Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA) qui s’est tenue le 22 mars, a donné l’occasion de décrire les perspectives de développement de l’éthanol-carburant. Nouveaux moteurs turbo-compressés, voitures « flex-fuel », possibilités de modifier les essences et l’éthanol lui-même, etc., la recherche planche activement.
Les pétroliers mettent souvent en avant la montée inéluctable du parc français de véhicules diesel pour orienter l’agriculture vers la production de biodiesel. Ils mettent aussi en avant les excédents d’essence en France pour dissuader l’agriculture de produire du bioéthanol, au motif que l’éthanol alourdirait cet excédent. Ils apprécient l’éthanol uniquement dans le cadre de l’ETBE (éthyl-tertio-butil-éther, composé à 47% d’éthanol et à 53% d’isobutylène, un produit pétrolier).
Or, « l’essence redémarre sur des pistes nouvelles et porteuses. L’essence a encore des choses à dire »,a conclu Gérard Belot, de la direction de la stratégie et du plan chez PSA Peugeot-Citroën, après une intervention montrant qu’il « n’y a pas de fatalité à la diesélisation indéfinie du parc » automobile français. Les disponibilités en gazole « toucheront leurs limites » et le produit se renchérira tout naturellement, a-t-il expliqué.
Des moteurs « omnivores » …
Mais c’est surtout par les technologies que l’essence et l’éthanol peuvent rebondir. « Nous allons assister à l’avènement de nouveaux moteurs turbo-compressés à injection directe, beaucoup moins consommateurs de carburants et prenant en compte une grande gamme de carburants différents», a précisé M. Belot. Il a beaucoup été question lors de cette assemblée générale des modèles de voitures « flex-fuel », dont le parc se développe rapidement au Brésil, aux États-Unis, et pour ce qui concerne l’Europe, en Suède (plus de 13 000 voitures vendues). Les autos « flex-fuel » ont des moteurs très flexibles, capables d’accueillir entre 0 et 85% d’éthanol. Au lieu des moteurs classiques « mono-carburants », on verra bientôt sur le marché automobile des moteurs « omnivores », en quelque sorte. Éric Saint Frison, président de Ford-France, a indiqué que sa société peut vendre dès cette année en France ce type de voitures. Il a cité une phrase du fondateur de Ford, Henri Ford, en 1908 : « Le carburant de l’avenir proviendra des fruits, tels que le sumac sur les bords de nos routes, des pommes, des céréales et des produits que l’on trouve en quantité dans nos scieries».
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La carburation n’absorbe que 27% de l’alcool en France
Le SNPAA compte développer la part de la carburation dans la consommation d’alcool en France. La production française a été de 5,6 millions d’hectolitres en 2003/04. L’écoulement s’est effectué en 2004 à hauteur de 56 % sur le marché français, 42 % sur le marché de l’UE et 2 % vers les pays tiers, a indiqué Alain d’Anselme, président de l’organisme, avant de donner les proportions des diverses utilisations de l’alcool sur le marché français : boissons spiritueuses 33 %, carburation 27 %, parfumerie-cosmétique 12 %, chimie 5 %, pharmacie 4 %, vinaigrerie 2 %. Le reste, pour 16 %, est cédé à des négociants ou dénaturateurs. Pour ce qui concerne l’usage carburant, la France (1,3 million d’hectolitres), après avoir perdu sa place de leader européen en 2001/2002, se retrouve (en 2003/2004) au troisième rang des utilisateurs européens derrière l’Espagne (2,25) et la Suède (1,7).
Le syndicat des producteurs d’alcool espère que les exportations pakistanaises d’alcool vers l’UE à droit zéro vivent leurs derniers instants. Le Pakistan ne bénéficierait plus que du nouveau régime général du SPG (les régimes préférentiels). Il serait retiré de la liste des bénéficiaires d’un droit zéro. Ainsi, « ce serait 100 % de droit que le Pakistan pourrait désormais acquitter à compter du 1er juillet 2005 », selon le SNPAA.L’enjeu est de taille : l’exportation de 1,2 million d’hectolitres sur l’UE.