Souples et peu exigeantes en infrastructure, les nouvelles technologies prennent indéniablement de l’essor dans les pays en développement. Si elles peuvent aider à mieux préserver l’environnement, elles restent chères.
On le sait, les pays en développement, et notamment le continent africain, ont fait l’impasse sur la téléphonie filaire et ses coûteuses infrastructures pour investir directement dans le téléphone mobile. La plupart du temps, les nouvelles technologies, plus légères, plus maniables, rencontrent un vrai succès dans ces pays. Le forum Tech for food, qui s’est déroulé le 26 février au Salon de l’agriculture, s’est penché sur ces questions, et notamment sur l’intérêt des techniques spatiales pour les pays du Sud. Comme l’a indiqué Gérard Begni, du Cnes (Centre national d’études spatiales), « l’utilisation de l’imagerie satellitaire est de plus en plus prononcée » dans ces pays.
Apporter des données cartographiques avec l’imagerie satellitaire
Pour Olivier Senegas, d’Unosat, projet des Nations Unies regroupant des partenaires publics, privés et des scientifiques, le premier service rendu au Sud par cette technologie est d’ordre cartographique, certaines régions manquant cruellement de données de ce type. Et grâce au grand nombre d’archives collectées depuis les années 70, l’imagerie satellitaire permet également de mettre en évidence la dynamique d’évolution des territoires. Unosat a par exemple développé un projet sur 7 ans (2002 à 2009) avec la ville de Matagalpa au Nicaragua, qui se situe en bordure du Rio Grande. L’ouragan Mitch a dévasté la zone en 1998, or les habitants ont reconstruit leurs logements dans des zones à risque. Grâce aux données satellitaires, Unosat est en mesure de définir avec précision le lit du fleuve et les zones dangereuses. « L’objectif de l’étude est de former des personnels locaux et d’améliorer la perception de la population concernant les risques de cyclone et de glissement de terrain », a expliqué Olivier Senegas.
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Des technologies insuffisantes pour décider localement
Directeur de l’OSS (Observatoire du Sahara et du Sahel), Youba Sonossa se sert quant à lui de l’imagerie satellitaire pour suivre le processus de désertification et développer un réseau d’alerte précoce concernant les risques de sécheresse. Un travail qu’il faut obligatoirement coupler à des observations de terrain. S’il participe à une rationalisation intelligente des ressources, ce type de dispositif technologique trouve vite ses limites : l’accès aux données coûte cher. « Les images satellites téléchargeables sur internet permettent juste de situer l’Afrique dans le monde,a expliqué Youba Sokona. Ce qui ne permet pas de prendre de décisions au niveau local ». Conclusion : beaucoup de travail reste à faire, ne serait-ce que pour obtenir une image claire des risques de dégradation des sols en Afrique.