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Réduction des nitrates Les objectifs atteints aux trois quarts en Bretagne

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Les éleveurs bretons situés dans les cantons en zones d’excédents structurels (ZES) sont parvenus à résorber 73 % de l’azote excédentaire de leurs fermes. Mais il semble difficile de réaliser une résorption complète sans modifier les critères du futur programme d’actions « directive nitrates », normalement signé en juin prochain.

La résorption de l’azote organique dans les ZES a permis de faire disparaître 73 % de l’objectif initial fixé à 44 000 tonnes, explique Bertrand Guizard. Chargé de la Mission interdépartementale et régionale de l’eau (MIRE) celui-ci coordonne les services en charge de l’environnement auprès de la préfecture de région Bretagne. « Le transfert (vers d’autres régions ayant des besoins d’azote) a concerné 41,6 % du total (13 300 tonnes), le traitement 26 % (8262 tonnes), l’alimentation animale biphase (conduisant à moins d’azote) 23,5 % (7550 tonnes) et la réduction d’effectifs ou la cessation d’activités (des élevages) 9 % ». Pour respecter la directive européenne du 12 décembre 1991 – la bien-nommée directive « nitrate » –, la France avait prévu, en 1993, deux niveaux de lutte. En zone vulnérable (l’ensemble de la Bretagne), elle a imposé différentes mesures pour limiter l’apport d’azote aux seuls besoins de la plante. Dans les cantons où la charge organique était supérieure à 170 kilos par hectare et par an (104 à l’époque), l’administration a mis en place des programmes de résorption spécifiques visés par des arrêtés préfectoraux.

Treize ans et presque trois programmes d’action « directive nitrates » plus tard, les chiffres de la résorption varient selon les départements. Le Finistère et les Côtes-d’Armor affichent des objectifs remplis respectivement à 77 et 79 %, le Morbihan 62 % et l’Ille-et-Vilaine 42 %, selon les directions départementales de l’Agriculture et de la Forêt. En soi, ces moyennes départementales ne traduisent pas autre chose que leur typologie d’élevage.

Finistère et Côtes d’Armor en tête

Le Finistère et les Côtes-d’Armor, premiers départements producteurs de porcs de France doivent leurs bons chiffres de résorption par le fait que l’azote excédentaire provenait majoritairement de gros élevages porcins. Et en Bretagne, « le quart de l’azote excédentaire a été résorbé par la mise en fonctionnement de 419 stations biologiques en porc (14 autres sont en construction) qui concernent 550 exploitations environ », précise M. Guizard. A l’inverse, la DDAF d’Ille-et-Vilaine met en avant la surr-représentation des petites structures d’élevage laitières pour expliquer les 42 % de résorption.

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Les professionnels agricoles, eux, estiment que ces chiffres sous-évaluent la réalité de la résorption car ils sont fondés sur les effectifs présents au dernier recensement général de l’agriculture de 2000. Pour redonner du souffle à la résorption dans le 4 e programme d’actions « directive nitrates » actuellement en discussion dans les départements, l’administration évoque plusieurs pistes. Il s’agit en particulier d’aller vers une gestion de l’azote selon les besoins réels des cultures, et non plus selon le nombre d’animaux présents au dernier recensement.

Cependant, la qualité de l’eau du point de vue des nitrates n’est pas encore irréprochable en Bretagne. Face aux menaces d’amendes par la commission européenne, la France a même dû instaurer des mesures complémentaires dans cinq bassins versants en Bretagne. Ailleurs, l’administration constate une stabilisation de la pollution : elle ne s’aggrave pas mais ne se réduit plus. Dès la signature du 4e programme qui devrait intervenir en juin prochain, le 3e prendra fin, selon M. Guizard.