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Œufs Les œufs de plein air résistent, malgré un climat morose

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Les Français se tournent de plus en plus vers des œufs labellisés, alors que les œufs standards peinent à progresser. Le CNPO (Comité interprofessionnel de l’œuf) a néanmoins rappelé les risques de l’ouverture du marché européen aux Ukrainiens.

«Un consommateur sur deux déclare acheter le plus souvent des œufs de poules élevées en plein air », a affirmé le CNPO (Comité interprofessionnel de l’œuf) lors d’une conférence à Paris le 18 avril. Le bilan de l’année 2012 est globalement positif avec un marché qui progresse de 1,9% en volume et de 5% en valeur en grandes et moyennes surfaces (GMS), selon le panel Symphony IRI. Derrière cela, une tendance globale semble faire surface : les œufs de poules élevées en plein air gagnent du terrain dans le caddie des Français. Les œufs de plein air incluent aussi les œufs bio, les œufs Label Rouge, car les poules ont accès, dans ce cas, à un parcours extérieur. Ce qui les distingue, c’est le cahier des charges, sur l’alimentation notamment, et sur les contrôles certificateurs. Quoi qu’il en soit, les ventes d’œufs biologiques progressent de 6,5%, celles d’œufs Label Rouge de 4,1% et celles d’œufs issus d’élevage de plein air 4,1 %, alors que les œufs standards ne progressent que de 0,4%. En valeur, les tendances sont les mêmes avec une augmentation de 9,1% pour les œufs de plein air, 7,9% pour le Label-Rouge, de 6,5% pour les œufs biologiques, mais une moindre croissance de 2,2% pour les œufs standards. L’engouement pour des œufs qui ne sortent pas d’élevage en batterie se confirme dans la politique d’approvisionnement de certains distributeurs. Le distributeur Monoprix s’est engagé en automne 2012 à ne plus s’approvisionner en œufs de batterie pour sa marque de distributeur. Ces changements d’habitude de consommation doivent être nuancés : encore 64% des œufs achetés proviennent d’élevages standards qui suivent tout de même la réglementation européenne concernant les normes de bien-être animal depuis le 1er janvier 2012.

Incertitude pour 2013

Une ombre au tableau : l’autorisation du 31 janvier dernier par les autorités bruxelloises d’ouvrir le marché des œufs à l’Ukraine. Les professionnels français font valoir qu’ils ont mis aux normes leurs élevages. Le CNPO estime à 1 milliard d’euros l’investissement total. Ce n’est pas le cas des œufs en provenance d’Ukraine qui pourraient entrer à bas coût en France. Le ministère de l’Economie précise que l’accord bilatéral entre l’Union européenne et l’Ukraine en question est bloqué pour des raisons politiques et ne devrait pas être débloqué tant que l’affaire de l’emprisonnement de Ioulia Timochenko, ancienne Premier ministre d’Ukraine, n’est pas réglée. Ce n’est pas tant l’accord avec l’Ukraine proprement dit qui inquiète que l’ensemble des négociations bilatérales en cours, notamment avec les Etats-Unis et le Canada. Philippe Juven, président du CNPO, explique : « Nous allons rencontrer le ministre Stéphane Le Foll début mai pour lui faire part de nos inquiétudes sur la démarche très libérale de l’UE sur les accords bilatéraux ». L’autre point qui devrait être abordé sera le respect de la directive bien-être dans les pays membres. La filière est « sous pression » pour l’année à venir, explique-t-on au CNPO. Car des voisins européens (Italie, Espagne, Pologne) continuent de produire des œufs dans des cages hors-normes. « Ils continuent à produire des œufs suivant les anciennes normes. Cette situation crée une surproduction d’œufs en Europe et une distorsion de concurrence au sein même de l’Union au détriment des éleveurs français ». Une conjoncture peu favorable à laquelle il faudrait ajouter un coût de l’alimentation toujours élevé. Selon Itavi, institut technique de l’aviculture, l’indice du coût alimentaire pour les poules pondeuses au mois de mars 2013 est 15,6% au-dessus du niveau de l’année précédente.

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