Le marché de l’oignon « sans larmes », c’est-à-dire qui ne fait pas pleurer le consommateur lors de la découpe, est un marché extrêmement jeune. C’est en janvier 2022 que BASF a introduit la première variété (Sunion) sur le marché français (qui devrait atteindre 1 000 tonnes cette année selon son partenaire français Condichef). En 2024, c’est un autre obtenteur, Bejo France, qui se lance avec la variété Orion. Le semencier met en avant plusieurs avantages : un taux de 0,2 μmol/g en acide pyruvique (douceur au goût) et la possibilité de commercialiser Orion dès la récolte (pas de stockage nécessaire pour baisser le taux d’acidité). Bejo France s’appuie sur son réseau de producteurs partenaires pour développer la variété : La Ferme des Arches, la Ferme de la Motte, Beauce Champagne Oignons, Ferme de Fontenay et Allium Beauce Compagnie. « Nous restreignons volontairement le nombre de producteurs car nous voulons préserver la création de valeur à l’amont autant que possible », explique Yannick Chevray, responsable marketing & support des ventes de Bejo France.
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Le semencier se souvient du destin d’une de ses innovations (oignon résistant au mildiou) trop rapidement « banalisée » avec des prix de vente modestes en linéaires. Deux partenaires distributeurs français, Val’Prim et Jardin du Midi, participent par ailleurs à la démarche. Cette année, près de 400 tonnes d’oignons Orion seront commercialisées en GMS. « Notre volonté est d’abord de nous adresser à de nouveaux consommateurs », explique-t-il. L’objectif à terme est d’atteindre 2 % du marché (630 000 tonnes en 2022 selon Agreste). Cela représente 15 hectares de culture. On peut estimer les surfaces totales d’oignons « sans larmes » en France à une trentaine d’hectares (BASF, plusieurs fois contacté, n’ayant pas répondu aux sollicitations d’Agra Presse) sur 14 700 hectares globalement.