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Viandes bovine et porcine Les opérateurs ne respectent pas tous l'accord de hausse des cotations

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La médiation dans la filière viande bovine, annoncée le 1er juillet, commence à peine à porter ses fruits. Stéphane Le Foll prend position et dénonce le non respect de l'engagement de hausse des cotations, à la suite de la réunion du 17 juin, par certains abatteurs. Dans la filière porc, le travail de médiation est en cours. La Fédération nationale porcine (FNP) fait l'inventaire des engagements non tenus et la cotation du marché du porc breton termine sur une hausse cette semaine.

« Les travaux entrepris par le Médiateur des relations commerciales agricoles à la demande du Ministre montrent des disparités sensibles entre régions, entre opérateurs, et au sein même des opérateurs », est-il écrit dans un communiqué du ministère de l'Agriculture, le 8 juillet. Une réunion entre les membres de la filière et le médiateur avait effectivement lieu, ce jour, au ministère, pour faire un point sur la crise dans l'élevage bovin à viande et l'engagement d'une hausse des cotations de 0,05 €/semaine, pris le 17 juin. « Des hausses significatives ont parfois été enregistrées et les abatteurs ont pu les répercuter aux distributeurs sans difficultés, montrant que le dispositif évoqué lors de la table-ronde du 17 juin fonctionne […] Certains opérateurs ont honoré ces engagements et se retrouvent de fait pénalisés par d'autres qui ne se sont pas mobilisés de la même façon », continue le communiqué. « Les opérateurs peuvent saisir le médiateur des relations commerciales agricoles des difficultés qu'ils auraient dans leurs relations bilatérales : côté abatteurs pour obtenir des hausses des distributeurs correspondant aux hausses de leur prix d'achat des animaux, côté distributeurs pour obtenir des justifications des relèvements du prix d'achat par les abatteurs ». Stéphane Le Foll demande également « aux préfets de rappeler chaque opérateur à ses engagements si nécessaire. » Il revient sur le sujet, dans une interview accordée à RTL, le 9 juillet : « les préfets ont été sensibilisés pour mettre la pression sur ceux qui ne jouent pas le jeu ».

Stéphane Le Foll met « la pression »

L'évolution des cotations et des volumes abattus continuera de faire l'objet d'un suivi hebdomadaire, selon le communiqué du ministre. Il fait remarquer dans son interview que « légalement je n'ai aucun moyen d'aller sanctionner une entreprise. Je n'ai pas cette capacité juridique. Mais j'ai la capacité de mettre la pression ». Concernant la distribution, « elles comprennent la détresse des éleveurs mais elles font remarquer qu'elles n'ont pas à être les boucs émissaires », rapporte Stéphane Le Foll. Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine (FNB), reçu par Stéphane Le Foll, le 8 juillet, préfère « voir la coupe à moitié pleine », même si la hausse des cotations n'est pas celle qui était prévue. « Cela veut dire que le système fonctionne pour ceux qui le veulent », explique-t-il. Il reconnaît également que « la distribution a joué le jeu ». Il salue le courage et le communiqué « remarquable » du ministre. L'absence de Jean-Paul Bigard, président du Syndicat des industriels de la viande (SNIV-SNCP) lors de la réunion a été vivement regrettée et ce d'autant plus qu'il représente aussi les groupements coopératifs comme Elivia. Son absence serait-elle à mettre en parallèle avec le tableau fourni par Agri 72 sur les abattoirs respectant ou non l'engagement de hausse des cotations ? Un travail repris dans d'autres départements.

Une médiation qui débute dans la filière porc

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En porcs, le travail du médiateur a commencé le 8 juillet. Un travail nécessaire semble-t-il puisqu'un mois après la prise d'engagements de hausses de prix dans la filière porcine, la Fédération nationale porcine (FNP) regrette, dans un communiqué le 9 juillet, de constater qu'ils n'ont, en majorité, pas été suivis d'effets. Pour les éleveurs, « seul Intermarché aujourd'hui tient sa parole et essaie de tirer le cours du porc vers le haut ». La FNP estime en revanche que « Leclerc a fait illusion huit jours ». Après l'assemblée générale de la FNP, « son acheteur au cadran Kermené se contentait de suivre la hausse moyenne ». Les autres, « Bernard, Bigard et Abera tirent vers le bas ». La FNP s'en prend également aux « éleveurs responsables de certaines structures » qui n'auraient également pas fait remonter les cours. Le même jour, de bonnes nouvelles sont venues du marché. Après trois semaines de baisse sous la pression du cours allemand, le marché du porc breton (MPB) de Plérin a clôturé en hausse de 2,1 cents le kilo.

Bovins : des hausses de cotations en vaches laitières et charolaises

Les cotations de FranceAgriMer pour les gros bovins entrée abattoirs montrent globalement une hausse des cotations notamment pour les animaux de type laitier et de race charolaise cette semaine. La hausse atteint rarement les 0,05 €/kg, mais elle est plus prononcée dans ces deux catégories qu'ailleurs. C'était une demande forte de la part de la FNB. « En taurillon, c'est un peu compliqué de se prononcer sur les cours. Le marché jusqu'à la fin juin était sur une pente positive du fait d'un manque relatif d'animaux pour l'export. Entre la canicule et la crise grecque, il est encore un peu tôt pour donner des évolutions de prix», avance Fabien Champion, chef de projet conjoncture viande bovine à l'Institut de l'élevage.

Porcs : hausse de 2,1 cents par kilo au MPB

Le marché du porc breton (MPB) de Plérin a clôturé en hausse de 2,1 cents le kilo, le 9 juillet. Il constate qu'Intermarché n'a pas été le seul à engager des hausses. Les établissements E. Leclerc via son acheteur Kermené ont retrouvé un positionnement « clair à la hausse » conformément à leurs engagements, notent les analystes. Par ailleurs, l'ambiance de marché était conditionnée par « des éléments contradictoires », analyse le MPB : « hausse en Allemagne de 2 cents, écart de prix très favorable au prix français par rapport au prix allemand, difficulté d'exportation des produits français du fait d'un manque de compétitivité, consommation saisonnière française mitigé ».