L'aide au stockage privé dans le secteur du porc mise en œuvre le 9 mars doit être complétée par d'autres mesures, telles que l'utilisation alternative des sous-produits ou encore l'accès à des marchés extérieurs autres que la Russie, selon les organisations agricoles de l'UE.
L'aide au stockage privé dans le secteur du porc, votée le 24 février par les experts des États membres de l'UE, est entrée en vigueur le 9 mars (1). Dépendant de la durée de stockage (90, 120 ou 150 jours) et de la découpe, elle est par exemple de 230, 243 ou 257 €/t pour les demi-carcasses et de 254, 266 ou 278 €/t pour les jambons. Une garantie est exigée, équivalant à 20 % du montant de l'aide. « La persistance de conditions de marché difficiles compromet la stabilité financière de nombreuses exploitations », souligne le règlement instaurant cette mesure. Les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) ont salué l'ouverture de ce régime de soutien, tout en « regrettant fortement que les produits les plus affectés par l'embargo russe ne soient pas concernés ». Elles réclament par ailleurs, dans une lettre adressée le 6 mars aux services européens, d'autres dispositions pour soutenir le secteur.
Accès aux marchés et utilisations alternatives
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Le Copa-Cogeca plaide pour l'utilisation alternative – production de biodiesel notamment – des graisses porcines qui sont actuellement stockées et ne peuvent plus être destinées la consommation humaine. Les organisations professionnelles estiment aussi qu'il faut favoriser l'accès du porc européen à d'autres marchés extérieurs, en attendant la réouverture hypothétique de celui de la Russie. Et, pour cela, obtenir la levée des restrictions imposées par des pays tels que le Japon et la Chine à la suite des cas de peste porcine africaine enregistrés dans certains États membres de l'UE, ainsi que la suppression des barrières sanitaires imposées par d'autres pays comme le Brésil. Proposant d'étudier la possibilité de développer un système d'assurance-crédit à l'exportation, le Copa-Cogeca considère que les fonds de l'UE pour la promotion des produits agricoles devraient être consacrés en priorité à des projets dans le secteur du porc et cofinancer des actions de promotion générique sur le marché intérieur.
(1) Voir n° 3486 du 02/03/15