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Nouveaux aliments Les organisations agricoles se refusent à tout moratoire sur le clonage

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Malgré les demandes répétées de la Commission européenne, les organisations professionnelles agricoles (Copa et Cogeca) refusent pour le moment de mettre en place un moratoire volontaire sur le clonage. Elles redoutent notamment l’impact négatif qu’il pourrait avoir sur la recherche.

Les organisations professionnelles rechignent à répondre favorablement aux attentes de la Commission pour la mise en place d’un moratoire volontaire sur le clonage comme il existe depuis juillet 2001 aux Etats-Unis. Bien que sollicités dans une lettre récente par la direction générale de la santé et protection des consommateurs, le Copa et la Cogeca se montrent réservés quant à la justification d’un tel moratoire et refusent de s’y engager. Si les organisations professionnelles agricoles émettent diverses recommandations, comme la mise en place dès à présent d’une stratégie d’information auprès du grand public, elles craignent que cela remette en cause la poursuite des recherches sur le clonage.

De plus, les professionnels estiment qu’il n’existe pas aujourd’hui d’outil permettant de faire respecter un tel moratoire et le cas échéant, de sanctionner les contrevenants. Par ailleurs, ils considèrent qu’il est prématuré de discuter de cette technologie. D’une part, celle-ci est loin d’être suffisamment maîtrisée pour permettre son utilisation dans un avenir proche. D’autre part, il est impossible d’évaluer à ce stade tous les avantages du clonage, même s’il semble en mesure de révolutionner les techniques de sélection génétique des animaux.

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Rassurer l’opinion publique

La Commission, échaudée par son expérience sur le dossier sensible des OGM, tient quant à elle à ce moratoire. Selon la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fisher Boel, les décisions qui seront prises sur le clonage devront bénéficier « d’un solide soutien de l’opinion publique ». Cependant, craignant des conséquences négatives à l’OMC, l’Europe se refuse à adopter une position ferme sur le sujet.

Les parlementaires européens pour l’interdiction du clonage

Diverses voix s’élèvent contre le clonage et les produits qui en sont issus, particulièrement chez les associations de protection du bien-être animal, telles qu’Eurogroup for Animals ou CIWF (Compassion in World Farming). Soutenu par la majorité des députés européens membres de l’intergroupe « Bien-être animal », le Parlement a déposé une proposition d’interdiction du clonage. Il y encourage la Commission « à interdire le clonage d’animaux à des fins alimentaires et l’importation d’animaux clonés, de leur progéniture et de leur sperme, ainsi que les produits issus d’animaux clonés ou de leur progéniture. » Il souligne que le clonage, du fait notamment du taux important de mortalité et de morbidité des clones, va à l‘encontre des directives européennes sur le bien-être animal. En outre, l’utilisation généralisée du clonage aurait pour effet « de réduire considérablement la diversité génétique parmi les animaux d’élevage ». Cette proposition devrait être adoptée par la Commission lors de la réunion du 24 juin avant d’être votée durant une session du mois de juillet.