Les esprits ne sont pas tranquilles du côté des organisations majoritaires agricoles. La rencontre du 21 juillet à Genève, convoquée par Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC est la réunion de tous les dangers. La FNSEA, Orama et les chambres d’agriculture redoutent un accord jugé dangereux pour l’agriculture. Toutes ces organisations en appellent au chef de l’État pour ne pas .
« La semaine du 21 juillet sera à hauts risques pour l’agriculture française et européenne » écrit Orama dans un communiqué. « En réunissant à Genève les principales puissances, le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, entend jouer son va tout pour obtenir un accord coûte que coûte, au plus vite et avant des échéances (élections américaines et Parlement européen) qui différeraient d’autant un éventuel compromis » regrette Orama.
« A l’heure des petits réglages et autres combinaisons de mauvais aloi » selon l’analyse de la FNSEA, le syndicat réaffirme, dans un communiqué « les dangers pour les producteurs et les consommateurs d’un accord (à l’OMC : ndlr) aux tendances libérales, aux relents dérégulateurs et aux conséquences irraisonnées ». Il ne s’agit pas d’obtenir un accord qui « braderait l’agriculture au profit d’hypothétiques avancées sur l’industrie et les services » avance le syndicat. « Les conséquences pour l’Europe seraient dramatiques : des estimations gouvernementales donnent des résultats édifiants… moins 25 % pour le revenu agricole, moins 20 % d’exportations et plus de 500 000 emplois perdus pour l’Europe ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes » rappelle la FNSEA. Des chiffres d’ailleurs contestés par la Commission européenne. « Au regard des besoins du Monde et les crises alimentaires qui touchent de nombreuses zones, il s’agit de construire, non de détruire »conclut la FNSEA
Un bilan de santé de la Pac « caduque »
Alors que le calendrier OMC s’accélère dangereusement, Luc Guyau, président des chambres d’agriculture estime, dans un communiqué, que « les propositions actuellement sur la table, sont loin d’être de simples ajustements (...). Elles rendraient caduques les discussions actuelles sur le bilan de santé de la PAC et l’après 2013, puisque l’avenir de l’agriculture européenne serait déjà écrit au détriment des agriculteurs et de l’ensemble des citoyens européens ! » Ces propositions renvoient, « y compris si les options les plus favorables venaient à être adoptées, à un bouleversement des agricultures européennes et mondiales, alors que les enjeux et responsabilités qui pèsent sur ce secteur, n’ont jamais été aussi prégnants » soulignent les chambres d’agriculture. Selon Luc Guyau, « elles consacreraient les grands pays exportateurs que sont le Brésil, les USA, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, au détriment des pays les moins avancés et de l’Europe ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La France « inflexible »
Selon l’association spécialisée grandes cultures de la FNSEA, il « serait invraisemblable que Bruxelles négocie un accord en ayant fait des concessions majeures sur les soutiens internes et l’accès à ses propres marchés, alors que d’autres pays n’ont rien « lâché » sur les points qui leur sont sensibles, tels les USA qui, en matière agricole, viennent d’adopter un généreux Farm Bill ». La France, qui, parallèlement assure la présidence de l’UE « doit par conséquent plus que jamais, rester particulièrement inflexible et ferme sur ses positions. Il ne faut pas commettre l’irréparable la semaine prochaine à Genève !» conclut Orama.
La FNSEA entend mobiliser ses partenaires syndicaux européens mais aussi le gouvernement français pour éviter le pire à Genève. Luc Guyau en « appelle à la responsabilité du chef de l’État et du gouvernement de la France ».