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Jeunes agriculteurs Les parcs naturels régionaux veulent encourager l’installation

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Réunie en assemblée générale à Paris, la Fédération nationale des parcs naturels régionaux de France a intégré dans son budget 2009 une ligne consacrée à l’installation de jeunes agriculteurs en circuits courts de commercialisation. Cinq parcs sont mobilisés.

«C’est la première fois que cela se fait ». Jean-Louis Joseph, le président de la Fédération nationale des parcs naturels régionaux s’est félicité le 25 mars de l’adoption par son conseil d’administration d’une enveloppe de « quelques milliers d’euros » consacrée à la thématique de l’installation des jeunes agriculteurs qui commercialisent leur production en circuits courts. Objectif : maintenir des agriculteurs dans les territoires des parcs naturels régionaux (PNR).

Lutter contre la déprise agricole

« On a un gros problème de départs à la retraite et de transmission d’exploitation », explique Cédric Conteau, chargé de mission Agriculture durable à la fédération des PNR. Plus de 70 000 exploitations agricoles sont actuellement réparties sur les 45 parcs que compte le territoire national, avec une dominance herbagère. Dans le cadre de leur réflexion sur la déprise agricole, les responsables des parcs se sont aperçus que les agriculteurs engagés dans un système de circuits courts de commercialisation avaient davantage de facilité à transmettre leur exploitation que les autres. L’explication ? Les fermes concernées sont généralement plus petites que dans les circuits classiques, et le savoir-faire immatériel (connaissance des territoires et des acheteurs, relationnel commercial…) joue ici une importance particulière. « On s’est aperçu que c’est l’organisation de l’offre, et non la question du développement de la demande, qui était un des principaux facteurs limitants » précise Cédric Conteau.

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Pour y voir clair, la fédération des PNR a décidé donc de lancer en 2009 une étude sur les facteurs limitant ou favorisant l’installation des jeunes agriculteurs qui adoptent des circuits courts de commercialisation de leurs produits, et ce, avec l’appui du Cnasea et d’un certain nombre de partenaires (Fncivam, ministère de l’Agriculture, France Initiatives, CERD Bourgogne…). Une restitution des résultats du groupe de travail constitué à cet effet est attendue pour la fin 2009. Cinq parcs ont accepté d’animer localement les débats et de faire remonter les expériences : le parc régional du Lubéron, celui des Volcans d’Auvergne, le parc du Ballon des Vosges, de la Haute vallée de la Chevreuse, et celui du Perche. Les syndicats agricoles, les Safer, les chambres d’agriculture et les collectivités (communauté de communes ou autres) seront associés aux travaux sur le terrain. « On va beaucoup étudier les parcours de vie des agriculteurs », souligne Cédric Conteau.

Définir des indicateurs d’impact

En parallèle, la fédération des parcs naturels régionaux espère lancer à l’automne une étude visant à définir des indicateurs d’impact des circuits courts. « Quel est l’impact économique et environnemental des circuits courts ? Combien d’emplois créent-ils ? »… Telles sont quelques-unes des questions auxquelles cette étude devra tenter de répondre, en partenariat avec le Cemagref et l’Inra. Pour l’heure, le conditionnel reste toutefois de mise dans l’attente des résultats d’une demande de financement adressée au Casdar (Compte d’affectation spécial pour le développement agricole et rural).