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Filière laitière Les parlementaires français « écrivent » à Mariann Fischer Boel

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Répondant à l’appel de l’interprofession laitière, une trentaine de parlementaires ont signé, le 8 mars dans les locaux du Sénat, une lettre ouverte adressée à Mariann Fischer Boel. Objectif : adresser un signal fort à Bruxelles afin que soit défendue « une véritable politique laitière communautaire basée sur la régulation des marchés et le principe de la souveraineté alimentaire ».

«Madame la commissaire, vos déclarations récentes éveillent notre inquiétude. À lire bon nombre de vos propos, il semblerait en effet que la Commission, en l’absence de consultations préalables et de concertations avec les autres institutions communautaires, préjuge déjà de l’issue des réformes à venir », alertent, dans leur lettre ouverte, les parlementaires. S’ils sont pour l’heure une trentaine de signataires (devant environ 150 professionnels), tous les parlementaires français seront sollicités dans les quinze jours à venir. Une délégation d’entre eux devrait remettre, en mai, la missive à la commissaire européenne à l’agriculture. « Les propos de Mariann Fischer Boel semblent traduire une volonté de démantèlement d’une des politiques fondamentales issues du traité de Rome et cette vision est inacceptable », a indiqué le sénateur et président du groupe d’études sur l’économie agricole et alimentaire Gérard César, représentant le président du Sénat Christian Poncelet.

Vision inadaptée

Outre l’appel aux consultations préalables, les parlementaires rappellent leur refus de voir la mise en concurrence avec les autres continents devenir « le seul enjeu motivant l’avenir de la politique agricole commune ». « La vision de la commissaire Fischer Boel ne nous convient pas du tout (…) car la mondialisation n’a pas de sens dans le secteur laitier. Près de 90 % du lait produit en Europe est consommé sur place. Aligner le prix de l’ensemble du lait européen sur la fraction minime qui est échangée sur le marché mondial n’a pas de sens, s’est exprimé Henri Brichart, président du Cniel et de la FNPL. Peut-on prendre la responsabilité politique de rayer d’un trait de plume la moitié des 400 000 exploitations laitières au plan européen pour ne rien gagner au plan économique ? »

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Le n°1 des laitiers français a également manifesté son souhait d’accentuer la collaboration entre la filière et sa représentation politique nationale. Premier pas en ce sens, une section pérenne consacrée aux questions de l’économie laitière vient d’être créée au sein du groupe d’études parlementaire sur l’économie agroalimentaire. Enfin, devançant les éventuelles réactions de scepticisme quant à l’impact de la lettre, Henri Brichart a pris sa casquette de président de la section lait du Copa : « Je vois beaucoup de perplexité dans les yeux de mes collègues et beaucoup d’attente par rapport à notre pays. Beaucoup d’Etats membres attendent que nous endossions la défense du modèle européen. » La France pourrait donc prendre la tête d’un mouvement réunissant plusieurs pays, ce qui augmenterait encore la portée de l’action des parlementaires de l’Hexagone.