La mission parlementaire pour le plan Ecophyto version 2.0 a six mois, à compter du 5 juin 2014, pour améliorer la première version de 2008.
DOMINIQUE Pottier, député de Meurthe et Moselle, a reçu, dans une lettre officielle datée du 30 mai 2014, le feu vert du Premier ministre Manuel Valls pour le lancement d'une mission parlementaire pour l'élaboration de la version 2 du plan Ecophyto . Elle devra être soumise à consultation du public, et validée en Comité national d'orientation et de suivi du plan Ecophyto, présidé par Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, à l'automne 2014. Dominique Pottier, également président du Comité consultatif et de gouvernance (CGG) du plan Ecophyto, explique que la version 2 devra permettre d'atteindre des résultats. « La première version n'a pas eu des résultats à la hauteur de ceux qu'on espérait », affirme-t-il. Dans un point d'étape présenté en 2013, la CGG pointait que la France enregistre une hausse de l'utilisation de pesticides (+2,7% Nodu entre 2009 et 2011) (1).
Pour inverser la tendance, la future Pac 2020 devra être encore plus « écoconditionnelle » par exemple. La boîte à outil du plan Ecophyto doit être améliorée. Les solutions de biocontrôle pourront en ce sens jouer un rôle déterminant pour la diminution de l'utilisation des phytosanitaires. Par ailleurs, « nous réfléchissons à un système assurantiel pour les personnes qui ne traitent pas les cultures. Mais ce n'est que le début de la mission. Rien n'est encore arrêté. Nous avons six mois devant nous », poursuit Dominique Pottier. La mission parlementaire s'appuiera sur les 15 propositions présentées lors du point d'étape Ecophyto en septembre 2013.
D'un point de vue budgétaire, le plan Ecophyto 2008-2013 bénéficiait de 41 millions d'euros chaque année. Le fonds est alimenté par la redevance pour pollution diffuse (RPD). Pour la version 2.0, Dominique Pottier assure que la mission parlementaire qu'il présidera identifiera précisément les besoins nécessaires à la réalisation des objectifs.
Laboratoires à ciel ouvertEn attendant le plan Ecophyto version 2.0, la deuxième journée nationale des Coopératives Fermecophytos à la ferme expérimentale de Grignon (78) le 3 juin, a permis de démontrer la performance économique des fermes Ecophyto du réseau national de la coopération agricole développé dès 2010. Ce réseau avait été mis en place à la suite du Grenelle de l'Environnement qui jetait les bases de la première version du Plan Ecophyto 2008-2013. « Ce sont eux, les agriculteurs impliqués, qu'il convient de féliciter. Ils ne le font pas sous une quelconque obligation de moyens imposée à tous, mais parce qu'ils ont l'envie d'inventer des solutions nouvelles », a déclaré Philippe Mangin, président d'InVivo, le 4 juin. Le réseau national de ces exploitations agricoles regroupe 34 coopératives partenaires du groupe InVivo, soit près de 300 fermes. Au-delà de la coopération, le réseau national compte 1200 exploitations agricoles couvrant toutes les productions.
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Ces laboratoires à ciel ouvert expérimentent de nouvelles pratiques agricoles, économiquement performantes, pour diminuer l'utilisation d'intrants, améliorer la qualité de l'eau, de l'air et de la biodiversité. En 2013, les exploitations du réseau se sont montrées plus productives (+9% de la référence rendement) et économiquement performantes (+20% de la référence marge brute). Concrètement, les agriculteurs ont diminué la fréquence d'utilisation d'herbicides en grandes cultures (-15%), d'herbicides et d'insecticides en arboriculture (-50%). Si une diffusion plus large de ces pratiques devait prendre encore de nombreuses années, les fermes pionnières (180 en 2010, puis 1900 en 2013) ont d'ores et déjà enregistré de bons résultats.
(1) Nodu : nombre de doses unités
LE plan Ecophyto fixe pour objectif la diminution de l'utilisation de pesticides de 50% à l'horizon 2020. Pour suivre cette évolution, des indicateurs ont été mis en place : le Nodu pour « nombre de doses unités » par exemple. L'indicateur est calculé par les services du ministère de l'Agriculture à partir des déclarations de ventes de pesticides. Sauf que, selon une note de suivi 2013 du plan Ecophyto publiée par le ministère de l'Agriculture, « quatre sources principales d'incertitude dans le calcul des Nodu peuvent être soulignées » : par exemple « les données utilisées dans le calcul du Nodu sont les quantités de substances actives vendues en France par les distributeurs et non les quantités utilisées réellement par les professionnels dans l'année. Des stocks peuvent en effet être constitués et des achats sur Internet et/ou à l'étranger peuvent être marginalement réalisés ».