Dans une déclaration commune face à la pandémie du Covid-19, les partenaires sociaux reconnus de l’UE dans l’industrie alimentaire demandent des actions visant à garantir une meilleure protection de la santé des travailleurs et un soutien économique aux entreprises en difficulté.
Les signataires de la déclaration conjointe des partenaires sociaux de l’industrie alimentaire expriment leur inquiétude face à l’aggravation de la crise de santé publique en Europe et au-delà, et se disent également préoccupés par la possibilité d’un ralentissement économique mondial grave et durable, ainsi que son impact sur la main-d’œuvre. FoodDrinkEurope et Effat (1), leurs porte-voix auprès de l’UE, rappellent dans ce document que c’est grâce « au travail acharné et à l’engagement de plus de 4,7 millions de personnes dans 294 000 entreprises de toutes tailles, que les consommateurs européens peuvent bénéficier de l’accès à une alimentation large et variée ». Les deux organisations estiment que les Européens sont redevables à ces travailleurs et à leur dévouement constant pour faire leur travail pendant la pandémie du Covid-19. Malgré l’urgence, insistent-elles, « le secteur alimentaire ne s’arrête pas et ne s’arrêtera pas. C’est pourquoi cette main-d’œuvre doit être soutenue par les pouvoirs publics ». Au passage, les responsables de FoodDrinkEurope et de Effat, saluent les nombreuses initiatives prises jusqu’à présent par la Commission européenne, notamment la proposition d’activer la clause de sauvegarde générale du pacte de stabilité et de croissance (PSC) et l’établissement d’un Plan d’investissement « Corona ».
Mais, soulignent-elles, « il faut faire davantage pour assurer une meilleure protection de la santé des travailleurs et un soutien économique aux entreprises en difficulté ». Elles demandent en conséquence aux autorités d’envisager toute une série d’initiatives et tout d’abord de reconnaître « le rôle essentiel des travailleurs du secteur alimentaire ». Pour elles, l’ensemble de l’industrie alimentaire et des boissons (y compris les produits finis, les ingrédients, les emballages et le transport) doit être considéré comme « secteur essentiel » par tous les États membres de l’UE. La Commission européenne, pour sa part, doit encourager les États membres à reconnaître « les besoins des 4,7 millions de travailleurs de l’industrie, qui ne peuvent pas rester chez eux si l’on veut que la chaîne alimentaire continue à fonctionner ».
Mesures de soutien aux salariés… et aux entreprises
Compte tenu de l’importance stratégique de ces travailleurs, les deux organisations européennes demandent des mesures de soutien efficaces telles que la garde d’enfants et, si nécessaire, la prise en compte d’une compensation salariale par l’État si les travailleurs sont temporairement suspendus de leur travail. Autre initiative importante revendiquée : un accès équitable aux équipements de sécurité. L’approvisionnement alimentaire étant une chaîne de valeur essentielle, les gouvernements nationaux et les institutions européennes se doivent d’aider les entreprises du secteur de l’alimentation et des boissons à trouver des équipements de protection individuelle pour les travailleurs. À cet égard, la mise en place de systèmes d’achat centralisés devrait être accélérée afin d’éviter la concurrence déloyale. Troisième élément essentiel aux yeux des partenaires sociaux : l’établissement de protocoles harmonisés pour les travailleurs. Étant donné leur rôle essentiel dans le maintien de la sécurité alimentaire en Europe, la Commission européenne est invitée à fournir des « lignes directrices » aux États membres pour établir des protocoles harmonisés permettant aux travailleurs du secteur alimentaire de poursuivre leur travail en toute sécurité. Last but not least, dans la mesure où « 99 % des entreprises de l’UE dans le secteur de l’alimentation et des boissons sont des petites et moyennes entreprises, les fermetures d’entreprises du secteur Horeca (industrie des services) dans de nombreux États membres de l’UE ne manqueront pas d’avoir un impact majeur sur ces entreprises, avec des répercussions négatives potentielles sur l’emploi ».
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Tout en saluant la souplesse qui entoure la mise en œuvre récente des règles relatives aux aides d’État, les deux organisations invitent instamment la Commission à élaborer, en collaboration avec les États membres, « des mesures d’urgence globales pour le secteur alimentaire visant à maintenir les emplois et à contribuer à la reconstruction de la viabilité économique du secteur à long terme ». Par exemple, les fonds structurels et autres fonds de l’UE non utilisés devraient être utilisés pour aider les États membres à assurer un soutien financier et un soutien au revenu aux travailleurs touchés par le chômage ou la suspension de leur travail, y compris les travailleurs atypiques et les travailleurs employés dans les chaînes de sous-traitance dans le secteur alimentaire. À cet effet, FoodDrinkEurope et Effat appellent les gouvernements nationaux à impliquer les partenaires sociaux dans la conception et la mise en œuvre des mesures nationales. Le dialogue social devrait être renforcé et encouragé à tous les niveaux pour faire face aux conséquences de cette situation d’urgence.
enne des syndicats de l’alimentation, de l’agriculture et du tourisme. Elle compte 2,6 millions de membres, représentant 120 syndicats nationaux de 35 pays européens. Effat affirme défendre les intérêts de plus de 22 millions de travailleurs employés tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire.