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Etiquetage nutritionnel/réglementation Les patrons de l’agroalimentaire jugent « superflu » l’établissement des profils nutritionnels

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Depuis plus de 3 ans, la Commission européenne peine à établir les profils nutritionnels alors que l’UE a déjà adopté le règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Il devrait satisfaire toutes les exigences en matière d’étiquetage nutritionnel, la Commission ferait mieux donc de s’occuper d’autre chose de plus prioritaire. C’est en substance le résumé de la position que viennent d’adopter les patrons de PME agroalimentaires regroupés au sein de l’UEAPME (Union européenne des PME). Par conséquent, ils se prononcent contre la création « d’une réglementation de double emploi complexe et coûteuse » que constituerait à leurs yeux l’établissement de profils nutritionnels.

L’UEAPME considère, d’une part, que le règlement 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé a recommandé à la Commission européenne d’établir des profils nutritionnels « au plus tard le 19 janvier 2009 » et qu’aujourd’hui cette date est largement dépassée et que, d’autre part, un autre règlement a été publié qui couvre la matière, il est maintenant peu probable que la nécessité de profils nutritionnels soit toujours valide. Les patrons de PME agroalimentaires européennes estiment que le règlement 1169/2011 sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires « réglemente tous les détails nécessaires » dans la mesure où celui-ci exige que les quantités en énergie (en kcal et kjoules), matières grasses, acides gras saturés, glucides, sucres, protéines et sel soient mises en évidence sur tous les aliments pré-emballés. Cela inclut les vitamines et les minéraux, s’ils sont présents dans des quantités significatives. Ce règlement, poursuit l’UEAPME, va également dans les détails sur la façon dont les producteurs doivent calculer les valeurs moyennes. L’objectif étant « de faciliter la compréhension du consommateur » quant à la contribution ou à l’importance de la teneur en énergie et en nutriments d’un régime alimentaire. « À la lumière de ce nouveau règlement, qui entrera en vigueur le 13 décembre 2014, il est difficile de voir comment les consommateurs pourraient être mieux informés si on leur imposait en plus des profils nutritionnels », s’exclament les patrons de PME.

Les consommateurs ne doivent pas être induits en erreur
Aux yeux de l’UEAPME, « il est prouvé que de nombreux consommateurs, en particulier ceux qui sont les plus concernés par les problèmes d’obésité, ne lisent pas les détails sur les étiquettes, mais achètent selon des critères de prix, de goût, de fierté, de commodité ». Le lobby des PME considère que la vraie réponse à l’expansion des problèmes d’obésité « est la persuasion plutôt que la réglementation ». Faisant écho à la position de l’AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments), celui-ci estime « qu’il n’y a pas d’un côté des aliments sains et de l’autre des aliments malsains » mais il y a seulement des régimes alimentaires malsains ». S’obstiner à classer les aliments en bons ou mauvais ne pourrait conduire, estime les patrons de PME, « qu’à des complications plus tard sous la forme de sanctions, de taxes et subventions ». Pire: cela pourrait être un inconvénient » pour les petits producteurs qui sont souvent les seuls fournisseurs de produits gastronomiques spécialisés qui renforcent une alimentation équilibrée, mais qui sur le plan nutritionnel peuvent être incorrects si ils sont consommés à l’excès ». Par conséquent, l’UEAPME préconise que le rapport que la Commission européenne devrait soumettre au Parlement européen avant le 19 janvier 2013 sur l’application du règlement 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé « devrait recommander que la nécessité de profils nutritionnels n’est plus d’actualité et qu’elle est amplement couverte par les dispositions du règlement 1169/2011 sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires ».

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