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Les Pays de la Loire mettent fin à l’aide au maintien en bio, au dépit du réseau Fnab

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La Coordination agrobiologique (Cab) des Pays de la Loire (affiliée à la Fnab) a déploré, lors d’un point presse le 23 juin, la décision de la Région de ne plus financer l’aide au maintien en bio (MAB) à partir de 2020. Après la décision de l’État en 2017 de ne plus financer cette aide, les autres financeurs de la région (Conseil régional et Agence de l’eau) ont suivi. « Cette décision va toucher 1 700 producteurs bio, s’alarme François Vrignaud, référent Aides à la Coordination agrobiologique des Pays de la Loire (CAB). » Si la Région a remobilisé des budgets pour financer la conversion, faisant passer l’enveloppe cumulée d’aide à la bio de 82 M€ à 181 M€ sur la période 2015-2019, l’aide au maintien n’est plus assurée jusqu’à la fin de la programmation Pac. « Cela implique l’absence d’aide en 2020, 2021 et 2022, alors que des réengagements sur un an sont proposés aux producteurs qui s’étaient engagés en MAEC en 2015, souligne Nicolas Cousineau, producteur bio en Vendée. Pourquoi cela n’est-il pas envisagé pour la MAB ? Une rallonge de 8-10 M€ par an permettrait de répondre à tous les besoins jusqu’en 2022. »

La Cab pointe aussi la perte de compétitivité des filières bio des Pays de la Loire face aux régions voisines. « Les producteurs de Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Centre Val-de-Loire continuent de bénéficier de l’aide au maintien en 2020, souligne Philippe Jaunet, administrateur d’Ebio, association des éleveurs bio des Pays de la Loire. Or, nous approvisionnons pour partie les mêmes marchés. L’abandon des aides au maintien en Pays de la Loire entraîne donc une distorsion de concurrence entre régions, de 25-30 €/1 000 l en lait et 0,50 €/kg de viande. Il y a même des distorsions au sein de la région, certains producteurs conventionnels ayant pu se réengager en 2020 dans une MAEC, alors qu’en bio, nous ne pouvons pas bénéficier de l’aide au maintien. » Enfin, l’arrêt des aides au maintien pourrait fortement entraver la transmission des fermes bio, les jeunes pouvant préférer reprendre une ferme conventionnelle pour ensuite la convertir et bénéficier des aides à la conversion.

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« Les producteurs de Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Centre Val-de-Loire continuent d’en bénéficier »