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Les Pays de la Loire ouvrent la porte à la FoodTech

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Les entreprises agroalimentaires des Pays de la Loire ont fait le constat, lors de leur assemblée générale, d’une évolution toujours plus rapide des attentes des consommateurs. Pour s’adapter à cette demande mouvante, le partenariat avec les start-up de la FoodTech pourrait bien être une solution.

L’assemblée générale de Ligeriaa, l’association régionale de l’Ania pour les Pays de la Loire, se tenait au Puy du Fou le 21 juin. À cette occasion, Eric Blanchard, président de la structure et dirigeant de la Laiterie de Montaigu, s’est félicité de la réussite de l’autonomisation engagée par Ligeriaa depuis un an avec l’objectif de 100 adhérents presque atteint. L’association s’est notamment placée comme interlocuteur privilégié de la région sur les sujets agroalimentaires. « Dans un contexte de plus en plus complexe, qui nécessite une extrême agilité des entreprises et une flexibilité des outils, Ligeriaa a un rôle de structuration », a affirmé le président. Cette nécessaire adaptation de l’agroalimentaire régionale aux tendances de consommation a été illustrée par une table ronde d’acteurs du rapprochement entre start-up et entreprises. Un opérateur d’accélérateur de croissance, Start-Up Palace, était notamment présent pour décrire le fonctionnement du programme Miam, qui sera lancé à Nantes courant 2019. « Il y a un chemin à créer entre les start-up et les entreprises agroalimentaires », explique Charles La Fay, vice-président des ventes au sein de la structure.

Des entreprises jouent le jeu

L’accélérateur Miam en est aujourd’hui à la phase de recherche d’entreprises. Eurial, Delpierre Labeyrie et La Belle-Iloise se sont déjà montrés intéressés. « Ce qui caractérise les start-up, c’est l’envie de prendre des risques et de changer le monde. Y a-t-il cette même envie aujourd’hui dans les entreprises agroalimentaires ? Notre dispositif doit leur permettre de prendre des risques avec les start-up », annonce Charles La Fay. Pour les entreprises qui voudraient se lancer, il promet un temps d’innovation divisé par deux en comparaison d’un service de R&D classique et des pistes de développement multipliées par le nombre de start-up engagées. Le procédé doit également permettre de diviser les coûts d’innovation. « Les start-up sont frugales », affirme Charles La Fay. Start-Up Palace n’étant pas un expert de l’agroalimentaire, il s’est adjoint les services de 109 conseils et de FoodInov pour accompagner l’accélérateur. « C’est vrai que depuis trois ans, nous sommes contactés par beaucoup de porteurs de projet, mais il y a aussi beaucoup d’échecs », constate Vincent Lafaye de FoodInnov. Selon lui, le bon modèle consiste à prendre des start-up qui existent déjà et à les accélérer. Pour les entreprises qui voudraient se lancer dans l’aventure, Start-Up Palace leur demande de bloquer des fonds mais aussi du temps de compétence pour accompagner les start-up. « Pour attirer les meilleures d’entre-elles, il faut que Miam soit la garantie d’être un vrai terrain d’expérience », appuie Charles La Fay.

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Fleury Michon part en solitaire

Le principe de mise en contact d’entreprises agroalimentaires et de start-up, Fleury Michon l’expérimente déjà depuis deux ans en interne. « Nous avons mis en place le programme #venezinnover sur le modèle de #venezvérifier et #venezvisiter. Dans ces trois thèmes, l’idée importante c’est l’ouverture », analyse Eric Coly, responsable RSE au sein de l’entreprise. Pour sélectionner les start-up, Fleury Michon se base sur les axes : développement de l’offre végétale, le snacking, l’usine 4.0 et la blockchain. « Nous recherchons des solutions que nous n’avons pas en interne. Chaque projet est évalué via une grille par 30 personnes en interne et si la note est supérieure à 12/15, nous accompagnons la start-up », précise Eric Coly. Cette politique a conduit Fleury Michon à investir dans plusieurs projets tel que Good Morning, solution de livraison de petits-déjeuners. L’accompagnement peut se faire également par les compétences. Une communauté de mentors existe au sein de l’entreprise pour suivre les start-up. À travers ce mécanisme, Fleury Michon poursuit un autre objectif qui est l’acculturation de ses employés aux méthodes d’innovations qui se développent actuellement. Un aspect également cité par Charles La Fay de Start-Up Palace. « Il y a une transformation de l’entreprise via les employés qui sont au contact des startupper. »