Quarante-cinq ministres de l’Agriculture de pays de l’OCDE se sont réunis le 7 et le 8 avril à Paris. L’objectif était de trouver des perspectives communes à l’agriculture. Les discussions devaient porter sur la transparence des marchés ou encore sur la sécurité mondiale.
« À la fin de ces deux jours, nous aurons de grandes perspectives communes », a affirmé Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture avant le début des discussions entre les ministres de l’Agriculture de l’OCDE à Paris, le 7 avril. L’enjeu agricole mondial est de plus en plus important : « Il faut reconnaître la place de l’agriculture dans la sécurité, pas qu’alimentaire », a ajouté Tom Vilsack, ministre de l’Agriculture des États-Unis. Pendant deux jours, quarante-cinq ministres devaient plancher sur l’agriculture mondiale. L’objectif commun, rappelé par le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria est de développer « des politiques meilleures pour un système alimentaire mondial productif, durable et résilient ».
Transparence des données
Plus concrètement, les ministres français et américain ont abordé la question de la transparence des données sur les marchés agricoles. Tom Vilsack, ministre de l’Agriculture des États-Unis, a rappelé que son pays travaille à « un système commercial sans friction ». Ainsi, les États-Unis sont « prêts » à partager les données. L’enjeu est de taille. L’exemple de la Chine est pris. Récemment, les données de stocks chinois de maïs étaient estimées à « l’équivalent de la production annuelle des États-Unis », poursuit Stéphane Le Foll. En France depuis 2011, le ministre rappelle qu’un dispositif a été mis en place dans le cadre des échanges commerciaux avec l’Afrique du nord. Ce dispositif en donnant de la transparence aux données a pour objectif d'« éviter les spéculations ».
Sécurité mondiale
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Tom Vilsack : « Le rôle de l’agriculture est souvent sous-estimé »
Au-delà des aspects alimentaires de l’agriculture, les ministres semblaient s’accorder pour engager un travail sur le rôle de l’agriculture pour la sécurité mondiale. « Le rôle de l’agriculture est souvent sous-estimé et sa capacité d’être une partie de la solution est sous-utilisée, a souligné Tom Vilsack. Je suis confiant dans le fait cette réunion permettra une meilleure compréhension du rôle que l’agriculture joue aujourd’hui et dans le futur pour faire un monde plus sûr, un monde meilleur. » Le ministre français, coprésident de la réunion avec son homologue américain, affirme à son tour : « Ce sont des sujets extrêmement importants, ne serait-ce que pour l’équilibre et la sécurité d’une manière générale. »
Création d’emplois
Enfin, à quelques minutes des discussions fermées à la presse, les ministres ont évoqué la question de l’emploi et de la formation agricole. « Dans la bande subsaharienne, ce sont 100 millions de jeunes qui vont vouloir travailler », affirme Stéphane Le Foll, rapportant les échanges qu’il a pu avoir avec des chefs d’État africains. Justement, le continent africain est un des plus concernés. La Banque mondiale rappelle que 63 % de la population d’Afrique subsaharienne est rurale. En milieu rural, l’institution ajoute que les revenus sont principalement tirés de l’agriculture. En outre, le continent africain est l’un des plus ruraux de la planète avec l’Asie et l’Amérique centrale. Ainsi, Stéphane Le Foll a rappelé l’enjeu de la formation agricole, notamment en Afrique. Dommage que seule l’Afrique du Sud ait été représentée par son ministre de l’Agriculture durant ces deux jours.