«Il y a un intérêt commun à soutenir les petites exploitations », assure Jean-François Le Clanche, économiste à Agrocampus ouest, qui vient de soutenir une thèse sur le sujet, lors du colloque sur le développement rural organisé par la Confédération paysanne, le 13 novembre à Sauclières (Aveyron). « Depuis les années 60, les soutiens publics ont favorisé les exploitations peu autonomes et où les agriculteurs ne comptent pas leur peine pour produire à bas coût », constate t-il. À l'inverse, « les petites exploitations touchent moins d'aide, car on a estimé que ce n'était pas la forme la plus efficace d'organisation ». Une vision qui n'est pas remise en cause dans le réforme de la PAC, et que conteste le chercheur : « Ce ne sont pas les plus efficaces qu'on aide : sans les aides, les grandes comme les petites exploitations dégagent des revenus négatifs. Ce qui fait la rentabilité des exploitations, ce sont les aides, ça n'a rien à voir avec la notion d'efficacité économique », argumente-t-il.
Selon lui, les petites fermes doivent être soutenues, d'abord car elles créent des emplois, alors que « la politique agricole commune actuelle les détruit » en favorisant l'agrandissement. Ensuite, car « elles sont innovantes, avec beaucoup de créativité, et ont montré qu'elles peuvent être durables tout en ayant des revenus ». Il propose quelques pistes pour « réhabiliter les petites exploitations », comme la suppression de la surface minimum d'installation (SMI), l'amélioration de la formation à la petite agriculture, et un changement de l'accompagnement à l'installation, notamment progressive. Et avant tout « une reconnaissance symbolique » de la part des pouvoirs publics.
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