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SAF Les pistes pour gagner en compétitivité

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Compétitivité, tel est le maître-mot de l’assemblée générale de la Société des agriculteurs de France (Saf) qui s’est tenue à Pornic les 11 et 12 juin. Le monde agricole doit adapter son environnement socio-économique pour être en mesure de passer la crise.

«Notre agriculture va amorcer un virage dans son histoire après la crise économique. Dans ce monde qui bouge, nous n’existerons que si nous sommes compétitifs et que le cadre sociologique et politique le permet », explique Hervé Morize, président de la Saf. Au niveau politique, les perspectives ne sont pas bonnes. Jean-Christophe Bureau, économiste à AgroParisTech (Grignon) et membre de la Fondation « Notre Europe » (1), n’est pas optimiste. Pour lui, la question de la baisse du budget de la Pac ne se pose même plus. « Le tout est de savoir ce que l’on pourra encore sauver ! Le pire serait que l’on se mette à parler de budget européen avant de débattre des objectifs de la Pac. Le grand jeu à Bruxelles actuellement est de faire des propositions d’utilisation des milliards d’euros issus de la Pac ».

Aller plus fort dans l’innovation
La compatibilité passe par la recherche et l’innovation. Bernard Hamon, coprésident du pôle de compétitivité Végépolys, croit beaucoup aux projets collaboratifs entre les chercheurs et les PME du secteur agricole. « Si l’agriculture reste sur la main d’œuvre et l’énergie, elle ne s’en sortira pas. Elle doit plutôt se consacrer à la tête d’œuvre », considère-t-il en faisant un jeu de mots. Car il définit l’innovation comme « les résultats de la recherche qui se transforme en chiffre d’affaires ».
Pour que les exploitations agricoles soient compétitives, encore faut-il que leurs structures commerciales le soient aussi. Dominique Chargé, président de la nouvelle entité laitière commune entre Terrena, Coopagri et Even, est venu présenter les raisons de ce rapprochement. « Le lait est une production “Paco-dépendante”. Actuellement, les produits à faible valeur ajoutée tels que la poudre de lait et le beurre représentent 32 % de notre chiffre d’affaires. En créant cette holding, nous nous engageons à faire baisser ce taux de 1 % par an ». Ces arguments n’ont pas convaincu la salle et il a été chahuté sur le prix du litre de lait payé aux producteurs.
Améliorer les outils assurantiels
Enfin, la compétitivité est possible à condition de gérer le risque grâce à l’assurance « qui a été confortée par le bilan de la Pac et devrait s’affirmer après 2013 », rassure Luc Boucher, directeur marketing de Goupama. Pour lui, le dispositif de dotation pour aléas « mérite d’être valorisé et amélioré » et il est indispensable de travailler sur la définition des prix de référence avant de mette au point une future assurance chiffre d’affaires. « Enlevons très vite de notre vocabulaire le terme d’assurance revenu, sinon les salariés et les chômeurs viendront nous demander des comptes », met en garde Hervé Morize.
(1) « Notre Europe » a été fondée par Jacques Delors et est coprésidée par Franz Fischler et Henri Nallet.

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