Obligé de réorganiser sa production, le numéro 4 français des plats cuisinés cède son usine des Côtes d’Armor et regroupe son activité de plats cuisinés à Avignon, siège de l’entreprise. Avec une capacité de 4500 tonnes, le site agrandi réalisera dès septembre 58% des 45 millions de chiffre d’affaires de la société Agis. Le reste provient du site du Rhône, qui produit les plats cuisinés asiatiques, en croissance de 15%.
Le spécialiste des plats cuisinés sous vide quitte la Bretagne et descend dans le Vaucluse. Afin de rationaliser sa production, Agis a décidé de stopper à partir de septembre les activités de son usine de Lamballe (Côtes d’Armor) et de regrouper sur son site d’Avignon la totalité de la production de plats cuisinés. « Même si le marché des plats cuisinés est en forte croissance, on constate depuis trois ans des tendances baissières en terme de prix. Il fallait donc se donner les moyens d’être compétitif », explique Yves Bayon de Noyer, p.-d.g. de la société. Trois fois plus grand en superficie que l’usine de Lamballe, le site d’Avignon bénéficie de la proximité du centre de R&D et du siège de l’entreprise, filiale depuis un an du groupe volailler LDC. Avec la création d’une trentaine de postes et de nouvelles lignes de production, la capacité de l’usine du sud de la France sera multipliée par deux pour atteindre 4500 tonnes annuelles, et produira la totalité des plats cuisinés, plats à marque Bernard Loiseau et plats cuisinés aux marques de distributeurs.
Économies et reclassements
Grâce aux suppressions des doubles postes et à la disparition d’un de ses trois sites de production, Agis table sur une économie annuelle de 1 à 1,5 million d’euros. La restructuration industrielle devrait permettre à la société de retrouver de la rentabilité et de continuer son développement. Déjà, des postes sont à pourvoir sur le site de Tarare (Rhône) spécialiste des plats asiatiques. Le reclassement dans les deux autres unités de la société constitue donc une première solution pour les 55 salariés de l’unité bretonne. « Le groupe LDC propose également plus de 120 postes dans le grand Ouest dans des activités traiteur, et nous avons identifié une trentaine d’emplois dans le bassin de Lamballe, qui accueille de manière favorable nos employés » ajoute, satisfait le p.-d.g., soucieux du reclassement des salariés de la société qu’il a lui-même créée en 1987. Enfin, le repreneur de l’usine, le groupe marseillais Marbour, cinquième opérateur européen du riz, veut développer sur le site une activité de riz cuit minute, et s’est engagé à reprendre 15 salariés dès septembre.
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Un modèle de croissance raffermi
Fortifiée par cette réorganisation, « la branche plats cuisinés devrait rapidement progresser et nous espérons conquérir de nouveaux marchés en 2007 », atteste le p.-d.g. Le segment, qui représente 58 % de l’activité de l’entreprise, devrait même atteindre l’année prochaine, selon les estimations de son p.-d.g., une croissance supérieure à celle du marché, actuellement à 7 %. Pour les recettes asiatiques, le groupe n’a guère de souci à se faire. Leader français des produits ethniques, Agis fait dans cette activité déjà mieux que le marché. « Nous comptons maintenir notre croissance de 15% en 2007 sur un marché des produits ethniques à +10 %», confirme le p.-d.g.. S’il n’y a pas de remise en cause du modèle stratégique, il y a tout au moins une remise en route.