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Volaille Les poulets et dindes importés des pays tiers pèsent sur le marché intracommunautaire

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Les échanges intracommunautaires de viande de poulet et de dinde ne peuvent s’envisager sans les importations des pays tiers, confirme Yves Trégaro, chef de l’unité productions animales de la direction marchés, études et prospective de FranceAgriMer, lors des 9es journées de la recherche avicole. Depuis 10 ans, les échanges intracommunautaires ont progressé de plus de 50% en volume et 60% en valeur. Le poulet concentre la majeure partie de ces échanges (85%). Et certains pays européens aux frontières maritimes sont devenus des plates-formes de transit de ces viandes de volailles.

Au cours des 10 dernières années, les importations de volailles en provenance des pays tiers ont triplé, constate Yves Trégaro, chef de l’unité productions animales de la direction marchés, études et prospective de FranceAgriMer. Lors des 9es journées de la recherche avicole les 29 et 30 mars, il a expliqué que de ce fait, « l’évolution du commerce intracommunautaire de viande de poulet et de dinde » ne peut s’envisager sans prendre en compte ces importations. Ainsi, selon lui, « du fait de l’importance des importations européennes en provenance des pays tiers (1,153 million de tonnes équivalent carcasse pour une consommation de 11,665 millions tec, soit un rapport d’environ 10% en 2009), le commerce intracommunautaire de volaille et son évolution ne peuvent s’analyser qu’au regard des importations en provenance des pays tiers, notamment pour les viandes congelées et saumurées ». Les viandes de poulet et de dinde importées transitent donc par certains pays de l’Union européenne avant d’être réinjectées dans le marché intracommunautaire. Ces pays plates-formes, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne ou les Pays-Bas, exercent tous des activités de négoces et possèdent une frontière maritime. « Pour certains produits, la part des volume, réexpédiés par rapport à l’ensemble des échanges européens dépassent 25% voire 50% », observe Yves Trégaro. Pour lui, « à partir d’un certain seuil, probablement supérieur à 100 000 tonnes, la croissance des importations se traduit par une augmentation des échanges communautaires dans les mêmes proportions. »

Des échanges intracommunautaires en hausse de 50% en volume

« Le commerce viande de volailles est constitué pour environ 75% de viandes de poulet et pour environ 20% de viande de dinde », fait remarquer Yves Trégaro. Au cours des dix dernières années, les échanges de viande de volailles ont progressé de plus de 50% en volume et de 60% en valeur (en euros courants). « Pour le poulet comme pour la dinde, la croissance des échanges intracommunautaires s’est effectuée de façon plus marquée en congelé qu’en frais », note-t-il. Cette constatation d’Yves Trégaro renvoie à l’importance des importations des pays tiers. En poulet, entre les années 2000 et aujourd’hui, la part des viandes fraîches et réfrigérées (56%) par rapport aux viandes congelées (44%) est restée stable. « De ce fait, la croissance des volumes échangés a été relativement comparable », déclare Yves Trégaro. Pour la dinde, en dix ans, « les échanges ont modérément participé à la croissance du commerce européen », tant en frais (+29 000 tonnes, soit 14%) qu’en congelé (+35 000 tonnes, soit +26%). Les flux de filet frais montrent par contre une progression de 20% dans les échanges intracommunautaires.

Une complexification des échanges intracommunautaires

D’après Yves Trégaro, « les volumes échangés entre l’Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni représentent actuellement moins de la moitié du commerce intracommunautaire. Cette part s’élevait à plus de 70% entre 1999 et 2003 ». Cela dit, les Pays-Bas et la Belgique conservent une place majeure dans ces échanges : 26% des exportations et 13% des importations pour les Pays-Bas ainsi que 13% des exportations et 5% des importations pour la Belgique. « Au cours des dix dernières années, leur part n’ont reculé qu’entre 2 et 5% », relève-t-il. Dans ces deux pays, les exportations sont de 1,6 (Pays-Bas) à 1,9 (Belgique) fois supérieure à la production nationale. « Pour atteindre de tels niveaux de vente, des importations sont nécessaires, elles dépassent pour ces deux pays 80% de leur production », commente Yves Trégaro. Par ailleurs, au cours de la dernière décennie, les échanges entre les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont pratiquement doublé, en tonnage, « vraisemblablement conséquence des investissements brésiliens (Pays-Bas et Royaume-Uni) et néerlandais (Royaume-Uni) ». Effectivement, la détention par une même entreprise européenne ou internationale de plusieurs sites industriels dans différents pays européens ainsi que l’accroissement des fabrications de produits hautement élaborés complexifie fortement le commerce des viandes, estime Yves Trégaro.

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