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Les pratiques agricoles en cause jusque dans une zone Natura 2000

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Dans une étude conduite dans la péninsule ibérique et publiée le 9 juillet dans la revue Biological Conservation, des chercheurs montrent qu’entre 2010 et 2020, des changements de pratiques agricoles ont entraîné des pertes de 3 500 hectares d’habitat par an pour la grande outarde (oiseau terrestre) au cœur des Zones sous protection spéciales (ZPS) des sites Natura 2000 de la péninsule ibérique. Ces dernières, rappellent les chercheurs, abritent pourtant 30 % environ de la population mondiale de cette espèce.

« La perte d’agro-steppes est principalement due à leur conversion vers des cultures permanentes ou irriguées », soulignent les chercheurs, sur la base d’une analyse de dix ans de données cartographiques. Indispensables à la reproduction de l’outarde, les agro-steppes sont des systèmes agricoles peu intensifs de la péninsule ibérique caractérisés par des rotations longues, des protéagineux, la pâture de jachères, et des prairies permanentes.

En dehors des ZPS, indiquent les chercheurs, le taux de conversion est encore plus élevé, avec 6 400 hectares d’agro-steppe perdus en moyenne. En projetant les taux actuels, les scientifiques estiment que 20 à 30 % de ce type d’habitat pourraient disparaître à l’horizon 2050. « Ce déclin sera encore plus grave si la demande pour les produits issus de cultures irriguées ou permanente poursuit son augmentation », s’alarment les scientifiques. Et si les achats d’huile d’olive conservent notamment la même tendance, « les agrosteppes des ZPS pourraient être les dernières à convertir ».

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« Les faiblesses identifiées ne sont pas liées à la réglementation, mais résultent en revanche de sa pauvre mise en œuvre », analysent les chercheurs. Et le phénomène, préviennent-ils, pourrait même se retrouver ailleurs en Europe.

« Les principales failles identifiées dans notre étude sur les agro-steppes – une application faible de la réglementation du réseau, des incitations trop faibles pour s’assurer de la coopération des agriculteurs et la conservation à long terme de l’habitat – sont susceptibles d’affecter la capacité de Natura 2000 à protéger d’autres habitats clés en Europe, particulièrement dans les paysages marqués par les activités humaines », soupçonnent les chercheurs.

Des faiblesses « pas liées à la réglementation, mais à sa pauvre mise en œuvre »