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Climat Les premières limites de la conférence climat de Lima

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Les acteurs français de la lutte contre le changement climatique ont mis en exergue les premières limites de la COP20 de Lima, une semaine avant le début des négociations. Il s'agit du financement et du droit international.

« Sur la lutte contre le changement climatique, la question des financements est quasi-absente », regrette Romain Benicchio, représentant d'Oxfam International, lors d'une conférence de Réseau action climat (RAC) à Paris, le 25 novembre, en amont de la conférence annuelle pour le climat à Lima en 2014, précédant celle de Paris en 2015. Les ONG présentes (Les Amis de la Terre, Greenpeace, Oxfam, WWF, Care) ont rappelé qu'au-delà des objectifs affichés par les pays pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le financement est prioritaire. « Le fonds vert a été capitalisé de huit milliards d'euros sur 4 ans la semaine dernière, constate Romain Benicchio, mais cela reste insuffisant ». Le ministre des Finances Michel Sapin a rappelé lors de la Conférence environnementale à Paris, le 27 novembre que ce fonds vert permettrait d'aider les pays qui n'ont pas encore les moyens de financer cette transition écologique. Néanmoins, il a reconnu qu'il fallait plus, « beaucoup plus ».

Et mis à part les intentions de capitalisation du fonds vert par certains pays, d'autres sources de financements de cette transition mondiale sont indispensables. Il s'agit notamment, comme l'a rappelé François Hollande, président de la République, lors de la Conférence environnementale à Paris, le 27 novembre, du marché carbone. « Ceux qui ne veulent pas donner de prix au carbone, ne veulent pas lutter contre le changement climatique », insiste-t-il.

Accord contraignant ou non?

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Autre point-clé attendu de la COP20 à Lima : le droit international. Alix Mazounie, du Réseau action climat, explique : « Si un pays s'engage sur un niveau de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, il devrait ne pas pouvoir reculer. Mais le débat sur les contraintes est très compliqué ». À titre d'exemple, le Canada a décidé de ne pas se réengager dans le protocole de Kyoto (qui, lui, contraint les Etats à réduire les émissions). « On n'a rien pu y faire », explique Alix Mazounie. A Lima, les discussions porteront, entre autres, sur le niveau de responsabilité des Etats qui s'engagent. Les acteurs de la société civile ne sont pas des partisans invétérés de l'accord contraignant. Ils lui préfèrent un engagement des pays. En mars 2015, les pays participants aux conférences climat devront avoir déposé leur contribution à la diminution des gaz à effet de serre. Mi-novembre, la Chine et les Etats-Unis, les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde, ont annoncé leurs objectifs de limiter leurs émissions. L'Union européenne en avait fait de même quelques mois auparavant avec l'accord européen sur le climat adopté en octobre dernier (-40% d'émissions d'ici à 2030 par rapport à 1990).

Les annonces sont une chose. Et François Hollande résume ainsi les attentes françaises sur le climat : « Il faut que l'accord soit à la fois contraignant, global et fixé pays par pays ». (CR)