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Fiscalité Les premix à nouveau sur la sellette

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Alors qu’un rapport de l’observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) montre que les jeunes consomment toujours plus d’alcool, le député Yves Bur vient de voir son amendement, qui instaure une taxe de 10 euros par décilitre d’alcool pour les premix, adopté à l’unanimité.

On ne peut que déplorer cette mesure. Elle aura peu d’efficacité sur la consommation d’alcool des jeunes !» Voilà ce que pense François Vieillard, porte-parole de l’entreprise Interbrew, du nouvel amendement d’Yves Bur (UMP, Bas-Rhin). Ce texte, qui vient frapper les mélanges entre alcools forts et sodas, qu’il taxe en fonction de leur teneur en sucre, a été adopté le 8 avril à l’unanimité par l’Assemblée Nationale. Il prévoit, dans le cadre du projet de loi sur la santé publique, une taxation de 10 euros par décilitre d’alcool contre 5,5 euros aujourd’hui pour les boissons assimilées à des premix. Ces produits étaient déjà soumis à une forte taxation et les industriels avaient trouvé des solutions pour s’y soustraire, comme par exemple mettre des arômes de fruits plutôt que des jus de fruits, ou des arômes d’alcools forts plutôt que ces mêmes alcools Agra Industrie n°53 du 26 février 2004..

« Cette loi va compromettre le développement des innovations dans ce secteur, alors qu’il en a bien besoin », insiste François Vieillard. On l’a compris, pour les industriels, taxer ces produits n’est pas une solution. Selon eux, la consommation d’alcool par les jeunes n’est pas une nouveauté et ce n’est pas par des interdictions qu’elle sera contournée. Ce qui peut permettre son contournement, c’est la prévention et la diminution des risques grâce à une éducation adéquate. « Les jeunes n’ont pas besoin de nous pour mélanger un soda et un alcool fort », explique François Vieillard. De fait, ils le faisaient avant l’apparition de ces boissons toutes prêtes. Mais la nouveauté réside dans leur packaging attrayant, tendance même, et leur facilité de consommation. Même s’ils montent rarement au-delà de 6° d’alcool, les premix sont destinés aux jeunes et c’est ce que leur reprochent leurs détracteurs.

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La riposte s’organise

Pour l’heure, l’amendement a été adopté, mais il reste du temps avant sa promulgation et la riposte s’organise. La deuxième lecture du texte, au Sénat, aura lieu le 19 mai, et il ne pourra être promulgué qu’au mois de juillet. D’ici là, les industriels espèrent que la Commission européenne va réagir. Thierry Habib, qui s’est lancé récemment sur ce marché en France avec « Spirit Of », estime que ce texte, qui fait suite à un autre en date de 1996, ressemble à de l’acharnement. « Mais cette fois-ci, ajoute-t-il, l’Europe va sans doute réagir !». Interbrew fabrique les deux alcools concernés par cette loi (Boomerang et la Bécasse) hors de France et pourrait envisager un recours auprès de la Commission européenne car cette taxation représente une barrière à l’entrée. Diageo, qui produit Smirnoff Ice le répète à l’envi : les premix représentent 0,2 % du marché. Dans ce contexte, les fabricants se demandent : pourquoi un tel acharnement ?