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UE/Lait Les principaux chantiers des laitiers européens pour 2011

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Selon l’Association laitière européenne (EDA), la filière laitière devra en 2011 se préoccuper du « paquet lait», de la nouvelle politique de qualité et de la Pac après 2013.

Le « paquet lait », les propositions pour une nouvelle politique de qualité et l’avenir de la Pac après 2013 sont les principaux défis auxquels sera confrontée l’industrie laitière européenne dans le courant de l’année 2011. C’est en tout cas ce que les responsables de l’Association laitière européenne (EDA) ont fait savoir lors de sa soirée annuelle le 19 janvier, soirée au cours de laquelle les industriels ont partagé leurs points de vue sur les différentes propositions de réforme des politiques agricoles communautaires qui sont actuellement sur la table du Conseil des ministres.

Paquet lait
A l’occasion de la soirée annuelle de l’Association laitière européenne le 19 janvier, son président, Werner Buck, a expliqué que les propositions de la Commission européenne dans le domaine laitier, dans le domaine de la qualité des produits alimentaires et en ce qui concerne l’avenir de la Pac après 2013 seront les principaux points de préoccupation de l’industrie laitière européenne au cours de l’année 2011. Pour ce qui est du « paquet lait » (1), principale réponse de la Commission européenne aux recommandations du Groupe d’experts de haut niveau sur le lait, le patron d’EDA se dit « fortement déçu de constater que les propositions se concentrent exclusivement sur les relations au sein du secteur au détriment des recommandations visant à renforcer la position des producteurs laitiers sur le marché ». Selon lui, une approche globale serait beaucoup plus productive dans la mesure où il considère que les structures existantes qui fonctionnent bien ne doivent pas être minées ou mises en péril par les mesures prévues par Bruxelles.
En ce qui concerne la concurrence, dans un secteur axé sur le marché comme celui des produits laitiers, EDA estime essentiel que toutes les parties concernées respectent les mêmes règles y compris en ce qui concerne les organisations de producteurs. Comme les structures dans le secteur laitier diffèrent fortement selon les pays et les régions de l’UE, il est également essentiel que les autorités nationales de la concurrence aient la possibilité de fixer d’autres limites que la taille des organisations de producteurs tel que proposé par la Commission européenne. EDA demande instamment au Parlement européen et au Conseil européen de ne pas restreindre le rôle des autorités nationales de concurrence. Le lobby de l’industrie laitière considère par ailleurs que « l’introduction d’un modèle de contrat obligatoire est en conflit avec la nature des relations contractuelles entre deux parties », ce qui ne pourrait aboutir, selon lui, « qu’à perturber le marché unique européen, un marché essentiel pour le secteur laitier de l’UE ».

Paquet qualité
Dans le contexte des propositions en matière de qualité des produits alimentaires (2), EDA appuie les intentions de la Commission visant à renforcer la définition des aspects qualité des produits alimentaires. Elle insiste sur la nécessité d’une cohérence entre les différentes politiques européennes. A cet égard, elle se réfère, d’une part, aux différents aspects de l’étiquetage du pays d’origine traités dans le « paquet qualité », et, d’autre part, dans la proposition de règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. L’industrie laitière se dit toujours opposée à l’étiquetage obligatoire du lieu de production et du lieu d’origine des produits alimentaires. EDA dit vouloir se battre pour « une politique de qualité orientée vers le marché, au sein d’un secteur concurrentiel qui apporte de la valeur ajoutée aux matières premières laitières pour satisfaire la demande intérieure de l’UE ainsi que la demande mondiale croissante pour les produits laitiers ».

Réforme de la PAC
En ce qui concerne les propositions en matière de réforme de la Pac (3), EDA réitère sa position selon laquelle la politique de la Pac doit rester une politique agricole communautaire avec un accent clair sur la compétitivité de l’agriculture de l’UE qui devrait assurer sécurité alimentaire et maintien d’un revenu raisonnable pour les agriculteurs. Elle estime que les paiements directs aux agriculteurs devraient se poursuivre pour leur permettre de rester compétitifs, d’une part, et pour les aider dans l’accomplissement de toutes les exigences de l’UE concernant la sécurité alimentaire et la santé animale, de l’autre. Pour EDA, la Pac doit rester « une politique commune sans re-nationalisation ».

(1) La proposition de la Commission européenne du 9 décembre 2010 concernant «les relations contractuelles dans le secteur du lait» vise à renforcer la position des producteurs de produits laitiers au sein de la chaîne d’approvisionnement et à préparer le secteur à un avenir davantage axé sur le marché et plus durable. 
(2) Une qualité garantie aux consommateurs et des prix justes assurés aux producteurs sont les deux objectifs du «Paquet qualité» adopté par la Commission le 10 décembre 2010. Résultat de trois années de consultation des parties intéressées, ce « paquet » constitue la première étape d’une refonte de la politique de qualité des produits agricoles.
(3) Une réforme de la politique agricole commune doit intervenir d’ici 2013. Après un large débat public la Commission a présenté un document qui décrit les options possibles et a lancé le débat avec les autres institutions et les parties intéressés. Les propositions législatives correspondantes sont prévues pour 2011.

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