L’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) a publié son rapport sur l’année 2021, très attendu, comme chaque année, dans les milieux agricoles. Dans un contexte de hausse généralisée sur les marchés agricoles, les prix à la consommation, eux, n’ont que très peu augmenté.
L’aval a amorti la hausse des prix agricoles
Dans sa présentation des résultats de l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM), son président Philippe Chalmin a mis en avant le décalage entre la hausse « prononcée » des prix à la production agricole (9,2 % en moyenne), et les prix à la consommation des produits alimentaires qui n’ont augmenté « que » de 0,6 % en 2021. « Industrie et distribution jouent un rôle de tampon, et, in fine, c’est le consommateur qui reste plutôt gagnant », observe-t-il. Une tendance qui s’inscrit dans la continuité de ces dix dernières années. Elle s’illustre avec l’exemple de la brique de lait dont le prix moyen est resté stable depuis quatre ans, alors que les matières premières laitières connaissent « d’énormes variations » au départ des exploitations.
Les éleveurs ne couvrent pas leurs coûts
Selon les estimations de l’OFPM, les prix des marchés n’ont pas permis, ou difficilement, de couvrir les coûts de production des éleveurs. Si on retire les subventions perçues, le résultat courant des exploitations avant impôt par unité de travail non salariée serait négatif dans les filières viandes bovine et ovine, et très faible pour élevages laitiers en bovin et caprin (de l’ordre de 1 300 à 3 000 € par an). En porcins, l’effet ciseaux entre la hausse des prix de l’aliment et la baisse des prix d’entrée à l’abattoir a été « impitoyable », lâche le président de l’OFPM. Même en prenant en compte les subventions, le résultat des exploitations est négatif. En clair, un éleveur de porc « n’a rien dégagé pour se rémunérer en 2021 ».
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Une hausse des importations
Pour la première fois, l’OFPM s’est penché sur la répartition de la valeur ajoutée en regardant, sur 100 € de dépenses alimentaires, ce qui revient aux importations, aux taxes, à l’agriculture, à l’industrie, etc. Sur la période étudiée (2010 à 2018), Philippe Chalmin note une dégradation de la part des industriels dans la répartition de la valeur ajoutée (de 11,6 à 10,4 %), quand la part qui revient aux importations ne cesse d’augmenter (de 23,5 % à 26 %). « C’est inquiétant », alerte-t-il, rappelant qu’une fraction importante de produits agricoles français partent à l’étranger pour être transformés. La part de la valeur ajoutée revenant à l’agriculture est, elle, restée « à peu près constante » sur la période.