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Élections européennes Les priorités du secteur agricole expliquées aux futurs députés européens

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Maintien d'un juste « équilibre » dans les négociations commerciales avec les pays tiers, « prudence » vis-à-vis de la dernière proposition de la Commission de Bruxelles sur l'énergie et le climat, « examen » minutieux de la charge administrative de la Pac réformée lors de sa révision à mi-parcours : telles sont notamment les recommandations prodiguées par les organisations et coopératives agricoles de l'UE aux futurs députés européens qui seront élus fin mai.

DANS un Manifeste en vue des élections européennes de 2014, le Comité des organisations professionnelles agricoles (Copa) et la Confédération générale des coopératives agricoles (Cogeca) de l'UE détaillent les priorités du secteur pour les années à venir, à destination de la future Assemblée issue du scrutin qui se tiendra du 22 au 25 mai. Celle-ci tiendra sa session constitutive du 1er au 3 juillet à Strasbourg.

L'OMC plutôt que les négociations bilatérales

Le Copa-Cogeca demande notamment aux futurs eurodéputés de « veiller à ce que les accords commerciaux (négociés par l'UE avec les pays tiers) soient équitables et équilibrés et reconnaissent les normes élevées de production de l'UE ». Toutefois, « les agriculteurs et les coopératives agricoles de l'UE préféreraient que le cadre commercial multilatéral sous les auspices de l'Organisation mondiale du commerce soit réactivé plutôt que de voir initiée une série de négociations commerciales bilatérales, et ce d'autant plus que ce qui est convenu dans le cadre d'accords bilatéraux devra au final être inclus dans un accord global à l'OMC ».

Produits sensibles : tenir à l'œil les contingents d'importation

Dans le cadre de ces pourparlers commerciaux, « le secteur européen le plus sensible sera celui de la viande, (qui) a d'ailleurs été classé comme tel dans l'offre initiale de la Commission européenne aux États-Unis en matière d'accès au marché », précise le Copa-Cogeca. « Néanmoins, au vu des différentes négociations bilatérales, la classification des produits sensibles n'est plus suffisante pour tenir compte de la spécificité des secteurs, ajoute-t-il. Nous invitons donc les eurodéputés à suivre attentivement le dossier de la gestion des contingents tarifaires (d'importation) afin d'éviter des problèmes sur les marchés européens ».

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Climat et énergie : appel à la « prudence »

Le manifeste « exhorte » par ailleurs la prochaine Assemblée à « faire preuve de prudence vis-à-vis de la proposition de la Commission européenne concernant le paquet climat et énergie », plus précisément vis-à-vis de « l'option visant à accroître l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à 40 %, étant donné que cela aura pour conséquence un fardeau d'autant plus lourd pour le secteur non SCEQE (système communautaire d'échange de quotas d'émission), lequel inclut l'agriculture ». Autre faiblesse du projet de Bruxelles pour l'échéance de 2030, selon les organisations et coopératives agricoles : son « manque d'ambition en termes de définition d'objectifs pour les énergies renouvelables ».

Pac réformée et bureaucratie

Le Copa-Cogeca fait également savoir aux futurs eurodéputés que, lors de la « révision à mi-parcours » de la réforme de la Pac, « il sera déterminant d'examiner la charge administrative et la bureaucratie supplémentaires » que celle-ci fait supporter aux exploitants.

« Les enquêtes menées (...) ont en effet montré qu'il s'agit là de l'une des principales préoccupations des agriculteurs et des coopératives agricoles d'Europe », précise le manifeste.