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Assemblée nationale Les prix des fruits et légumes moins élevés qu’il n’y paraît

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La question du prix des fruits et légumes, qui inquiète le consommateur et dévalorise la filière, a été présentée à l’Assemblée nationale lors d’une série de conférences organisées par l’interprofession Interfel le 29 avril. Il en ressort que les prix des fruits et légumes sont moins élevés que ne le ressentent les consommateurs. De quoi nourrir la réflexion confiée au député Jacques Remiller par le Premier ministre sur la valorisation comparée des fruits et légumes en France et dans l’UE.

Les prix des fruits et légumes : perception et réalité. Tel était le thème d’une des conférences présentées par Interfel le 29 avril à l’Assemblée nationale pour éclairer les parlementaires sur la notion de « valeur » des fruits et légumes, alors que cette valeur est dépréciée depuis quelques années.

Un décalage accru

Valérie Sené, directrice de l’économie et de la stratégie marketing à Interfel, a montré, tableaux et courbes à l’appui, le décalage entre la perception du prix des fruits et légumes et leur réalité, puis a tenté d’expliquer pourquoi ce décalage. Le prix moyen des fruits et légumes a été de

1,98 euro le kilo en 2008, à comparer avec 6,35 euros le kilo pour la volaille, 9,77 euros pour la boucherie et 11,35 pour le poisson, a-t-elle indiqué. Pourtant, pour beaucoup de foyers français, les fruits et légumes sont trop chers ou trop décevants, a cité Valérie Sené, projetant un graphique de l’Insee qui montre que le décalage entre la perception et la réalité des prix des fruits et légumes est apparu nettement depuis février 2002, date du passage à l’euro : à cette date, la courbe de l’opinion sur les prix s’éloigne de celle des prix réels observés. 2008 a même été une année de rupture : les Français ont pour la première fois depuis longtemps moins consommé, en valeur, de produits de grande consommation, selon l’Insee.

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Des produits perçus comme traditionnels

Tentative d’explication de ce décalage : dans un contexte marqué depuis quelques années par la préoccupation des Français sur le pouvoir d’achat (depuis quelques mois c’est le chômage qui est redevenu la première préoccupation), ce sont les produits les plus courants, les moins sophistiqués qui sont devenus les emblèmes de la vie chère. « Les fruits et légumes sont des produits perçus comme traditionnels. Ils poussent partout, ils sont associés à la nature, qui donne gratuitement ses bienfaits. Se les procurer est un droit, pas un luxe. En outre ils n’intègrent apparemment pas beaucoup de technologie, donc pourquoi payer cher des produits aussi bruts ? ». Tout l’enjeu de la communication d’Interfel des prochains mois et années consistera à changer cette perception, a dévoilé la directrice de la stratégie marketing à Interfel.

L’imbroglio des prix

Le décalage peut aussi s’expliquer par l’imbroglio des prix selon les périodes et la multitude des produits. Qu’on en juge. Prix moyen de l’asperge en 2008 : 5,16 euros le kilo. Prix moyen de la salade : 2,35 euros le kilo. Prix moyen de la carotte : 1,01 euro le kilo. L’hétérogénéité des produits, croisée avec la forte variation des cours d’un même produit selon les saisons rend l’offre « difficilement lisible », ce qui n’aide pas à clarifier les rapports entre la perception et la réalité.