La production mondiale de grains 2025-2026 se révèle particulièrement abondante, frôlant les 3 milliards de tonnes, constate le Cercle Cyclope, qui parie sur un « certain marasme » des cours en 2026.
Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 28 janvier, Philippe Chalmin, fondateur de la société d’étude Cercle Cyclope, a indiqué que les marchés des grains allaient probablement se « maintenir dans un certain marasme » en 2026, à moins d’un incident majeur. La raison est simple : les récoltes mondiales sont abondantes, frôlant les 3 milliards de tonnes en 2025-2026, ce qui devrait maintenir une certaine pression sur les valeurs internationales tout au long de la campagne. Mention spéciale pour le riz, dont le marché mondial devrait être inondé par les marchandises en provenance d’Inde, qui détient des stocks deux fois plus élevés que la normale.
En blé, les récoltes dans l’hémisphère sud sont particulièrement bonnes, rappelle Philippe Chalmin, se référant à l’Argentine et à l’Australie. En maïs, un léger rebond des cours internationaux pourrait survenir, le bilan mondial étant légèrement déficitaire (problèmes en Ukraine, forte demande chinoise etc.). En soja, la Chine a certes tenu sa promesse d’achat de 12 Mt de marchandises états-uniennes, mais les disponibilités planétaires restent élevées, spécialement au Brésil. L’offre brésilienne, en plus d’être volumineuse, est bien plus attractive que celle américaine actuellement, laissant peu d’espoir quant à de nouveaux achats chinois de soja US à court terme. Philippe Chalmin rappelle par ailleurs que les prix actuels du maïs et du soja ne sont pas rentables pour les producteurs US, obligeant le locataire de la Maison Blanche à promettre des soutiens.
Un marché du sucre également lourd
Un point a également été fait au sujet du marché du sucre. Là aussi, le Cercle Cyclope table sur un maintien des prix internationaux assez bas en 2026. Si le marché a intégré les signaux baissiers émanant du Brésil et de l’Inde, il reste à évaluer précisément l’ampleur de l’excédent pour la campagne 2025-2026 (estimé à 3-4 Mt) et d’attendre le niveau de la moisson brésilienne 2026.
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Concernant les produits carnés, l’association estime que les cours de la viande bovine devraient rester élevés en Amérique du Nord et en Europe. Les effets de l’accord UE/Mercosur se feront ressentir vers 2027 au plus tôt pour les Européens. Concernant la viande porcine, la tendance baissière en Europe devrait se poursuivre, mais la situation en Chine restera à surveiller de près. Enfin, au sujet de la politique commerciale agressive en matière de tarifs douaniers menée par Donald Trump, Philippe Chalmin, considère que « le pire est passé […] Nous devrions entrer dans une phase de consolidation tarifaire ». Il concède néanmoins qu’anticiper les réactions de l’actuel dirigeant américain reste un exercice extrêmement périlleux.
Le pire est passé, au sujet des tarifs douaniers de Donald Trump, espère Philippe Chalmin
KC