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Distribution Les prix des produits bio sont très élevés, selon l’UFC

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Le numéro de février du journal Que Choisir, titre de l’Union fédérale de consommateur (UFC), présente une enquête sur les prix de l’alimentation bio. Elle constate que les prix sont très élevés même en grandes surfaces et s’interroge sur la répartition des marges.

L’enquête de Que Choisir, qui porte sur 120 000 relevés de prix en grande distribution et magasins spécialisés, constate que le panier de produits MDD bio est 22% plus cher que le même panier à marque nationale et 57% plus cher que le même panier en MDD non bio. Ce qui, selon l’article, « frise l’indécence ». Le journal s’interroge sur la formation du prix et le partage des marges.
Il dénonce également une dérive du mode de production biologique vers plus d’intensivité, avec des pratiques de monoculture, l’épuisement des sols et des nappes phréatiques, des productions dans des pays à bas coûts sociaux et des importations au bilan carbone peu flatteur. L’agriculture biologique, démarrée en France dans les années 60, se voulait au début respectueuse de la nature, de l’homme et des produits cultivés. Aujourd’hui, les tentatives de capter des consommateurs prêts à payer plus cher des aliments plus propres et plus sûrs, se succèdent, selon le journal, qui cite l’agriculture raisonnée et la haute valeur environnementale. Au sujet d’un éventuel futur label HVE, Alain Bazot président de l’UFC a écrit : « Promoteur d’une consommation durable, l’UFC-Que Choisir ne peut pas cautionner une telle démarche car plus que le produit, c’est la stratégie commerciale qui s’habille en vert ».

Observer les prix et faire évoluer les aides de la PAC
Que Choisir remarque encore que nombre de magasins bio récents sont détenus par des responsables de grandes surfaces ou des grandes surfaces elles-mêmes et s’en inquiète.
Il remarque également que, parallèlement à ce mouvement de la grande distribution, les initiatives se multiplient dans la société civile pour acheter des produits éthiques et écologiques, à travers des filières courtes notamment. Celle-ci n’attend pas les décisions des pouvoirs publics pour organiser de nouveaux réseaux « en marge des temples de la consommations de masse que sont les supermarchés ».
Au-delà de l’enquête, l’union consumériste souhaite que l’observatoire des prix et des marges analyse les prix de la bio comme des autres produits agricoles, afin de connaître notamment les marges de la distribution, explique Olivier Andrault, chargé de mission alimentation à l’UFC. Elle demande aux grandes surfaces de ne pas utiliser les produits bio comme des produits d’appel. Ce qui aurait des effets destructeurs, contraires à l’esprit du Grenelle de l’environnement. Elle souhaite enfin une mise à plat des aides de la Politique agricole commune de manière à ce que l’agriculture biologique soit aidée à la hauteur des services rendus.

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